La présence. Une clé fondamentale


Pour le thérapeute Thierry Janssen, faire le silence en soi et éveiller sa conscience permet d’affiner les perceptions, au point de les rendre proprement « extraordinaires ». Propos recueillis par Miriam Gablier


Le plus grand domaine d’application des perceptions extrasensorielles reste celui du soin et du développement personnel.

En effet, tout accompagnement médical, thérapeutique ou spirituel peut considérablement s’enrichir d’éventuelles informations intuitives et bon nombre de professionnels ne cachent pas qu’ils écoutent souvent leur sixième sens. Plus encore, certains choisissent sciemment de développer leurs capacités perceptives en se formant aux approches psychocorporelles, transpersonnelles ou autres pratiques favorisant l’émergence de l’extrasensorialité. Et bien sûr, il faut compter la frange de praticiens qui travaillent spécifiquement avec ces ressources : les voyants, les guérisseurs, les chamanes. Quoi qu’il en soit, tous doivent inévitablement faire face à une difficulté : comment savoir que ce qui est capté est juste ? « Il faut s’ancrer dans la présence », répond Thierry Janssen.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

"La spiritualité est ma priorité"

 

Interview de Psychologie Magazine - Novembre 2015

Enfant mystique, adolescent cherchant les réponses en lui, chirurgien démissionnant le jour de sa nomination à un poste hiérarchique à Bordet pour suivre son intuition et devenir psychothérapeute, Thierry Janssen avance en cohérence sur son chemin initiatique. « Je suis un moine d’une certaine manière », dit-il au sortir d’une retraite de deux ans, avec le sujet de son prochain livre gravé au plus profond de lui : la spiritualité.


Visualiser l'article complet (pdf)

Apprenons à métaboliser nos émotions

 

Article de Psychologie Magazine - Mai 2015

Il y a quelques semaines, une dame me dit qu’elle est à la recherche d’un spécialiste de la médecine des émotions. Deux jours plus tard, j’entends un psychiatre parler de la nécessité de bien gérer les émotions. Et, ce matin, je lis un article sur les nouvelles thérapies des émotions. Mais d’où vient cette idée qu’il faut soigner les émotions ? Éprouver des émotions serait-il le signe d’une pathologie ? « Gérer », « traiter », « guérir » sont-ils des mots appropriés pour parler de la bonne attitude à adopter face à nos émotions ? Je pense que non.

Le concept d’une « médecine des émotions » me paraît révéler une profonde méconnaissance à propos de ce qu’elles sont et, surtout, de ce que nous pouvons en faire. Il faut dire que nous sommes les héritiers d’une culture qui a longtemps diabolisé les phénomènes émotionnels, considérant que ceux-ci perturbaient la sacro-sainte rationalité. Des générations avant nous ont tenté de les maîtriser, de les refouler, voire de les nier. Puis des chercheurs comme Antonio Damasio ont montré que, sans elles, il ne pouvait pas y avoir de véritable rationalité. Car nos émotions sont de l’information ; elles nous renseignent sur la qualité de nos expériences. Elles sont agréables (joie, enthousiasme) quand ce que nous percevons ou ce que nous pensons est bon pour nous. Elles sont désagréables (peur, colère, tristesse) dans le cas contraire. Chacune de nos perceptions génère une émotion qui devient un sentiment qui alimente nos pensées. Et, en retour, chacune de nos pensées génère une émotion qui se manifeste dans notre corps et donne lieu à une perception.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Ne redoutez pas (trop) les résultats médicaux

 

Article de Psychologie Magazine - Avril 2015

atteinte d’un cancer du sein. Malgré les meilleurs traitements, la maladie s’est étendue aux os et aux poumons. Dès lors, Florence se soumet régulièrement à des tests sanguins et à des examens radiologiques qui permettent de suivre l’évolution des métastases et,  dans la foulée, d’adapter les traitements destinés à ralentir leur progression.

Un jour, elle m’appelle, très angoissée. «Ces tests et ces traitements ont certainement contribué à me maintenir en vie, me dit-elle. Pourtant, je voudrais arrêter de me faire suivre de façon aussi régulière car, chaque fois que la date des examens médicaux approche, je vis un enfer. Et l’attente des résultats est encore pire. J’ai alors l’impression que la vie me quitte, je ressens un grand vide dans mon corps; la joie et l’enthousiasme qui m’aident à tenir le coup disparaissent; je rumine des idées noires, j’imagine le pire et j’ai très peur. Je suis convaincue que tout ce stress n’est pas bon pour ma santé!» En écoutant le désarroi de Florence, je me rappelle celui que j’ai éprouvé, il y a une quinzaine d’années, pendant que j’atten dais le résultat d’un test de dépistage du VIH. J’avais alors été stupéfait de constater comment, en quelques heures, parce que je m’étais imaginé que ce test serait positif, j’étais passé d’un état de pleine forme physique et psychique à un état d’anxiété extrême, puis de dépression. J’avais, moi aussi, eu l’impression que la vie me quittait.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Le yoga vaut bien un ministère

 

Article de Psychologie Magazine - Mars 2015

L’information n’est pas passée inaperçue dans la presse internationale : au mois de novembre dernier, le nouveau Premier ministre indien, Narendra Modi, a annoncé la création d’un ministère consacré aux médecines et pratiques traditionnelles telles que l’ayurvéda, le yoga, l’unani, le siddha et l’homéopathie. Certains journalistes occidentaux y ont vu une tentative des nationalistes hindous – dont fait partie Modi – de favoriser la culture dominante face à la minorité musulmane. D’autres ont suspecté une volonté de prosélytisme de la part d’un Premier ministre fervent pratiquant du yoga. Il est vrai que, deux mois auparavant, l’homme avait demandé à l’ONU d’envisager l’instauration d’une journée mondiale du yoga. Une proposition qui, entre-temps, a reçu le soutien de l’Union européenne par la voix de son président. Toutefois, il me semble que parler de favoritisme, de volonté d’hégémonie ou de prosélytisme ne rend pas objectivement compte de la situation.


En effet, s’il est vrai que le yoga et la médecine ayurvédique sont très liés à la religion hindouiste, dont se réclament 80 % des Indiens, ce n’est absolument pas le cas des autres médecines incluses dans le nouveau ministère. L’unani est une médecine préventive et curative très populaire, héritée de la Grèce antique, développée par les Arabes et importée en Inde par les Perses. Le siddha est une médecine plusieurs fois millénaire apparue bien avant l’hindouisme et toujours pratiquée, notamment dans l’État du Tamil Nadu.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Ouvrons notre coeur

 

Article de Psychologie Magazine - Février 2015

Consternation, incrédulité, colère, peur, dégoût, tristesse. Envie de vomir, de pleurer, de fuir. Envie de tuer. Voilà les états d’âme et d’esprit par lesquels, comme beaucoup sans doute, je suis passé, en apprenant la barbarie qui s’est produite le 7 janvier, à Paris. Et puis je me suis demandé comment de jeunes hommes éduqués au sein d’une nation civilisée comme la France avaient pu en arriver à cette horreur. Comment des enfants qui ont grandi dans un pays de liberté avaient pu commettre une telle atrocité et détruire les fondements mêmes de ce qui leur avait permis d’exister. Bien sûr, les intégristes de tous bords sont capables des pires endoctrinements. Bien sûr, la haine qu’ils encouragent plonge ses racines dans la vase de certaines humiliations du passé. Bien sûr, on peut expliquer la violence qu’ils propagent comme une réponse à des injustices réelles ou fantasmées. Mais cela n’explique pas tout. Les causes de la détestation d’autrui sont multiples. Pourtant, elles ont un antidote simple et universel : l’amour. L’Amour avec un A majuscule : l’acceptation inconditionnelle de soi et des autres.

Pour être capable d’un tel amour, il faut se connaître de l’intérieur, puis s’ouvrir aux autres, découvrir que l’on n’est pas fondamentalement différent d’eux ; et prendre conscience que l’on a tous les mêmes besoins essentiels d’être aimés, de se sentir en sécurité et de vivre apaisés. Cela suppose de ne pas tomber dans le piège des théories que l’on invente pour justifier le désir de se démarquer, de tirer un avantage et de dominer. Nous devrions nous méfier de nos théories.

Visualiser l'article complet (pdf)

Nous avons un potentiel positif. Le défi, c’est de l’exprimer!

thumb psycho_2011_septembre

Article de Psychologie Magazine Belgique - Septembre 2011

Psychologies : Vous avez fait le choix in extremis de ne pas publier votre avant dernier livre écrit sur le thème de la cohérence…par souci de cohérence. En quoi a-t-il inspiré votre nouvel opus ? 

Thierry Janssen : J’ai nourri Le Défi positif, non pas du propos, mais de l’intention de mon livre sur la cohérence. Un ouvrage que j’ai abandonné sur une clé USB, glissée dans une anfractuosité rocheuse de la Vallée des Rois, en Égypte (Rires). Quand j’ai décidé de ne pas le publier, j’ai cru que je n’écrirais plus. Puis le désir est revenu. A posteriori, je me rends compte que j’avais brûlé une étape. Je n’avais pas été cohérent par rapport à mon projet de départ qui était d’écrire une trilogie à propos de la médecine, de la maladie et de la bonne santé.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Aimer c'est aider l'autre à relâcher ses tensions

 

Article de Psychologie Magazine - Janvier 2015

Camille a 17 ans. Depuis deux semaines, elle n’arrête pas de pleurer. Elle ne parvient plus à dormir. Elle est incapable d’étudier. À plusieurs reprises, elle s’est évanouie, faisant ce que l’on appelle une syncope vagale. Ses parents – des amis – ne savent pas comment réagir face à la détresse de leur fille. Ils précisent lui avoir dit qu’elle devait se détendre. « Sois zen, ma chérie ! » Je leur propose de rencontrer Camille. Un rendez-vous est pris dans un bar où la jeune fille a ses habitudes. « Plus mes parents me disent de me détendre, plus je suis angoissée car je n’y parviens pas », m’expliquet‑elle. De retour chez moi, j’appelle mes amis.

Ceux-ci m’affirment qu’ils n’ont aucunement l’intention de mettre la pression sur leur fille : « Nous l’avons toujours laissée faire ce qu’elle voulait ! » Ce que Camille veut, c’est être la meilleure, réussir brillamment son bac et passer le concours d’entrée d’une grande école. Elle est prête à tous les sacrifices pour parvenir à obtenir, un jour, un haut poste dans la fonction publique ou la finance.

En écoutant Camille me raconter son plan de vie, j’ai l’impression d’entendre parler ses parents. Cette façon de valoriser la performance intellectuelle. Cette conviction que le bonheur passe par la reconnaissance sociale. Cette fascination pour la réussite matérielle. Tout y est. Camille me paraît parfaitement endoctrinée. Pourtant, enfant, elle passait son temps à dessiner et à danser. J’imaginais alors qu’elle choisirait une voie artistique. « Je ne danse plus, je ne dessine plus. Je n’ai plus de temps pour cela », constate-t-elle.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Gratitude

psycho bel_2011_septembre

 

Article de Psychologie Magazine - Septembre 2011

Assis à la terrasse d'un café, je lisais paisiblement mon journal au soleil, lorsque j'ai surpris la conversation d'une mère avec son enfant. Je devrais plutôt dire : la colère d'un enfant à l'égard de sa mère, car le bambin manifestait avec véhémence sa frustration de ne pas avoir obtenu une crème glacée en plus de la mousse au chocolat qu'il venait d'avaler. Furieuse, sa mère lui rétorqua qu'il aurait au moins pu la remercier pour ce bon dessert. « La gratitude est le zèle d'amour par lequel nous nous efforçons de faire du bien à celui qui nous en a fait, en vertu d'un pareil sentiment d'amour envers nous », écrivait, au XVIIe siècle, le philosophe hollandais Baruch Spinoza. La gratitude est le désir de donner du plaisir en retour d'un plaisir reçu. Au XVIIIe siècle, l'économiste écossais Adam Smith la considérait comme « un sentiment essentiel, un gage de paix et de pérennité pour les sociétés humaines ».

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Vaccination Anti-HPV - La liberté de choisir

 

Article de Psychologie Magazine - Décembre 2014

Depuis quelques semaines, une pétition circule sur Internet afin de s’opposer au projet de rendre obligatoire le vaccin contre le papillomavirus (HPV) pour toutes les filles et tous les garçons, dès l’âge de 9 ans1. De nombreuses mères de famille s’interrogent. Doivent-elles faire vacciner leurs enfants ? Devraient-elles l’envisager pour elles-mêmes ? Les partisans de la vaccination anti-HPV pour tous les enfants avant la puberté insistent sur le fait que le virus est sexuellement transmissible, qu’il infecte plus de 80 % des femmes et que sa responsabilité est démontrée dans l’apparition du cancer du col de l’utérus – environ trois mille nouveaux cas et mille décès par an, en France. Ils diffusent des messages de sensibilisation qui laissent croire que la vaccination assure une protection totale contre le virus, donc contre le cancer. Et ils recommandent de vacciner les filles et les garçons avant tout rapport sexuel, car le vaccin ne protégerait plus aussi bien contre la maladie une fois l’infection installée.

Les adversaires de la vaccination obligatoire réfutent cette argumentation en rappelant que 90 % des femmes infectées par le HPV guérissent spontanément et que, parmi les 10 % chez lesquelles l’infection perdure, les lésions précancéreuses qui peuvent apparaître au niveau du col utérin régressent de façon spontanée dans 30 à 60 % des cas. Ils rappellent également que les lésions persistantes peuvent être détectées par un frottis vaginal qu’il est recommandé d’effectuer au moins une fois tous les deux ans, que ce dépistage permet un traitement précoce des lésions et une prévention efficace du cancer, ...

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Décalage estival

 

psycho bel_2011_juilletArticle de Psychologie Magazine - Juillet 2011

C'est l'été, nous allons enfin pouvoir nous reposer. Le temps est venu de prendre des vacances. Chaque année, des millions de gens répètent ce rituel sans la moindre hésitation. Car la plupart d'entre nous en sommes convaincus : les beaux jours sont faits pour être chômés. Pourtant, d'après les chronobiologistes qui étudient l'évolution des rythmes de notre corps, il semble que nous nous trompions. Pour eux, l'été est la meilleure saison, non pas pour se reposer, mais pour travailler ! Et pour cause : les beaux jours apportent des fruits et de légumes gorgés de soleil, de la lumière, des vitamines, et tout ce qu'il faut pour stimuler notre organisme. Nous sommes alors en pleine forme, débordant d'énergie pour accomplir les plus lourdes tâches. L'hiver, en revanche, notre alimentation est carencée, nous manquons de lumière, nos défenses immunitaires sont moins performantes, l'activité de nos organes ralentit, notre corps est fragilisé, nous sommes plus sensibles aux infections.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Mon message aux jeunes médecins

 

Article de Psychologie Magazine - Novembre 2014

Le 28 juin dernier, vingt-sept ans après avoir obtenu mon diplôme de médecin, j’étais invité par le doyen de la faculté de médecine de l’université de Louvain, où j’ai fait mes études, à prendre la parole devant les trois cents diplômés de l’année 2014, leurs familles et l’ensemble de leurs professeurs. C’était merveilleux de contempler mes jeunes confrères, les yeux brillants de joie et de fierté.

Je leur ai dit que le métier qu’ils ont choisi constitue une fonction sacrée dans le sens où il touche à la vie dans ce qu’elle a de plus sensible, de plus vrai, de plus cru et, souvent, de plus cruel ; qu’approcher autrui dans l’intimité de ses doutes, de ses angoisses et de sa souffrance est un privilège ; que cela demande beaucoup d’empathie et d’humilité ; qu’il faut apprivoiser ses propres peurs de la maladie et de la mort, pour ne pas tomber dans le piège de la volonté de toute-puissance ; que l’on ne soigne pas des maladies mais des malades – des êtres multidimensionnels qui perçoivent des sensations, éprouvent des émotions, ont des pensées, des espoirs et des convictions ; que notre compréhension scientifique de la réalité privilégie l’identification des détails au détriment d’une vision de la globalité ; que cela nous fait ignorer la complexité des liens qui existent entre les différents éléments de notre analyse ; que le peu d’importance accordée à ces liens est à l’origine des grandes crises qui se profilent à l’horizon de notre civilisation ;



Visualiser l'article complet (pdf)

Procrastination

 

 

psycho bel_2011_juinArticle de Psychologie Magazine - Juin 2011

Qui n’a pas remis à plus tard une tâche contraignante, préférant faire autre chose que ce qui devrait être fait ? Personnellement, cela m’arrive fréquemment, notamment lorsque je « dois » rédiger une chronique pour Psychologies Magazine. Je perds alors beaucoup de temps à surfer sur internet, je trouve toutes sortes de prétextes pour quitter mon bureau, j’en arrive même à rentrer chez moi ou bien à faire des courses qui auraient pu attendre la fin de mon travail. N’importe quelle excuse est bonne pour éviter de me mettre à l’ouvrage. En fait, beaucoup de gens reportent sans cesse le moment de commencer leur travail, ils se distraient en s’engageant dans de multiples activités. Malheureusement, ils n’en profitent pas vraiment car, au fond d’eux, ils savent qu’ils devraient être en train de travailler. Ils ne s’investissent pas complètement dans ce qu’ils font, leur énergie est bloquée par leur propre résistance et leurs atermoiements finissent par les épuiser.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Ne confondons pas la fragilité et la sensibilité

 

Article de Psychologie Magazine - Octobre 2014

Il y a quelques années, l’une de mes amies, brillante avocate d’affaires, a fait ce que l’on appelle un burn-out. À l’époque, elle élevait seule ses deux enfants en culpabilisant de ne pas avoir suffisamment de temps à leur consacrer. Elle travaillait quinze heures par jour dans un cabinet juridique, où elle passait son temps à jouer des coudes pour gravir les échelons de la hiérarchie tout en se pliant à des règles de fonctionnement qui allaient à l’encontre de ses valeurs profondes. Elle a fini par craquer. Épuisée, découragée, accablée par un douloureux sentiment d’impuissance, elle ne voyait plus de sens à ce qu’elle faisait. Elle était désespérée. Après une brève hospitalisation, elle a entrepris une psychothérapie. Progressivement, elle a compris à quel point elle avait vécu à la superficie d’elle-même, déconnectée de ce qui lui était essentiel, aveuglée par ses croyances, dirigée par ses conditionnements, obnubilée par son exigence de performance, assoiffée de reconnaissance.

Elle s’est rendu compte de son incapacité à écouter l’inconfort émotionnel et les tensions corporelles qui l’alertaient de sa déconnexion. Elle a donc décidé de se faire masser le corps pour développer plus de sensibilité. Elle s’est mise à pratiquer le yoga pour apprendre à respirer de façon consciente. Et, tous les matins, elle s’est efforcée de consacrer un peu de temps à la méditation. Après quelques semaines de cet « entraînement », elle a commencé à respecter des besoins essentiels qu’elle avait négligés jusqu’alors : dormir suffisamment, manger sainement, prendre du temps pour tisser des liens satisfaisants avec les autres, ...

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Trop d’impuissance

 

psycho bel_2011_maiArticle de Psychologie Magazine - Mai 2011

La terre tremble au Japon, un tsunami ravage un pays, une centrale nucléaire laisse échapper des éléments radioactifs, l'air, l'eau et la terre sont contaminés par une pollution hautement toxique et totalement invisible. Des hommes et des femmes trouvent refuge dans des abris de fortune et tentent de survivre à l'horreur. Les morts sont enfouis sous les décombres, le chagrin est immense, le deuil impossible. Le peuple gronde en Tunisie, la foule exprime sa colère au Caire, un peu partout dans le monde arabe, des voix s'élèvent pour réclamer plus de justice, de liberté et de paix. Les chefs d'états font semblant de ne pas entendre ces revendications, ils minimisent la situation, ils diabolisent les insurgés et finissent par utiliser la violence pour les réduire au silence. Des bombes s'abattent sur les Libyens, une répression sanglante est menée contre les Syriens. L'avenir est incertain.

 

Visualise l'article complet (pdf)

Les enfants agités ont quelque chose à nous dire

 

Article de Psychologie Magazine - Septembre 2014

C’est la rentrée. Nos enfants vont reprendre le chemin de l’école. Fini de rêver et de s’amuser, il va falloir rester calme et attentif durant de longues heures de cours. Pour certains, cela ne sera pas facile. Ils seront peut-être diagnostiqués comme atteints d’un trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) – une « maladie » dont l’incidence ne cesse d’augmenter. Dans les pays occidentaux, 3 à 5 % des enfants en souffriraient. Toutefois, le nombre des diagnostics se révèle moins élevé en Europe qu’aux États-Unis, où 10 à 20 % des écoliers sont jugés trop agités, impulsifs et inattentifs au point d’être traités par la Ritaline – un médicament psychostimulant apparenté aux amphétamines et inscrit sur la liste des stupéfiants.
Des différences culturelles expliquent sans doute ces disparités. Mais pas seulement, car, de façon troublante, plus le marketing en faveur de la Ritaline est agressif, plus la médicalisation des enfants est importante. Il faut dire que cette kiddy coke – la « cocaïne des gamins » comme l’ont baptisée les Américains – a des effets probants chez de nombreux enfants. Leur concentration s’améliore, leur impatience diminue, leurs résultats scolaires deviennent nettement meilleurs. Faut-il pour autant encourager la prescription de cette molécule ? Je ne le pense pas. D’autres solutions méritent d’être explorées : la relaxation, la méditation, une prise en charge psychothérapeutique, le recours à la psychomotricité, la pratique d’un art martial, d’un sport ou de toute autre activité nécessitant un engagement mental et physique. Évidemment, de telles mesures prennent du temps e

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Vous avez dit « anti-âge » ?

 

psycho bel_2011_avrilArticle de Psychologie Magazine - Avril 2011 

Il y a quelques mois, un confrère médecin m’invita à devenir le président d’une société de « médecine anti-âge ». Parce que, d’après lui, je défendais des idées en résonance avec les principes de cette discipline qui combat les effets de la vieillesse. Sur le moment, j’ai cru à un canular car quiconque a lu mes ouvrages sait que ma pensée est à l’opposé de celle qui génère des stratégies « anti-âge ». Cependant, mon interlocuteur insista en disant que mon livre La solution intérieure s’inscrivait parfaitement dans la lutte qu’il menait contre les effets du temps. Cela me rappela une conversation, quinze ans auparavant, avec le responsable d’une compagnie pharmaceutique qui essayait de me convaincre du fait que la vieillesse était une « horrible maladie » contre laquelle la médecine devait se battre à tout prix.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Les vacances, le temps du vrai changement

 

psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Juillet-Août 2014

Voici venu le temps des vacances. Une parenthèse dans nos vies agitées, pressées et stressées. L’occasion de ralentir, de nous poser et de nous reposer. Puis viendra le temps de la rentrée. La reprise de notre course effrénée. Il ne faudra pas longtemps pour connaître le même état d’épuisement que celui dans lequel nous étions avant de prendre des congés. Je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a là une forme d’absurdité.

Pour beaucoup de gens, les vacances sont une soupape de sécurité qui les empêche d’exploser. Jamais dans son histoire l’être humain n’a été aussi souvent en congé. Pourtant, à entendre les plaintes des uns et des autres, il semble que jamais il n’a eu autant besoin de se reposer. Peut-être parce que jamais il n’a vécu d’une manière aussi agitée. Même lorsqu’il est en congé. Le simple fait de prendre connaissance du « programme » des activités de certains vacanciers suffit à nous épuiser.

Visualiser l'article complet (pdf)

Le courage du désespoir

 

 

psycho bel_2011_marsArticle de Psychologie Magazine - Mars 2011

Il y a exactement un an, je vivais au milieu de la campagne égyptienne, sur la rive ouest du Nil, à une centaine de mètres du temple de Médinet Habu, aux pieds de la montagne thébaine, non loin d'un canyon où furent inhumées quelquesunes des plus grandes reines de la civilisation pharaonique, à quelques pas des ruines d'un village jadis peuplé par les ouvriers et les artisans qui ont creusé et décoré les tombes de la Vallée des rois. Je réalisais un rêve d'enfance, au cours d'une retraite de plusieurs mois consacrée à la méditation et à l'écriture, dans le souci de poursuivre le « travail intérieur » que j'avais un peu délaissé ces dernières années au profit d'un trop grand nombre de conférences et de consultations. L'Égypte est une passion, une civilisation qui m'a fasciné dès l'âge de cinq ans, un pays que j'ai appris à connaître à l'occasion de fréquents séjours – une quinzaine en trente ans.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Le Qi Gong ? Prononcer « Tchi Kong » !

 

psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Juin 2014

Depuis que je pratique le qi gong, de nombreuses personnes m’interrogent à propos de ce qu’elles appellent le « zigon », le « tsikon » ou, pire, le « chicon » (c’est le nom que l’on donne à l’endive, en Belgique). La plupart le définissent comme une gymnastique lente que l’on pratique dans les parcs en Chine. C’est un peu court. Je profite donc de cette chronique pour vous expliquer de quoi il s’agit vraiment. Avant tout, je dois vous dire que le nom de cette discipline se prononce « tchi kong », et signifie « le travail du qi ». C’est un ensemble d’automassages, d’exercices respiratoires et de méditations en position statique et en mouvement, visant la maîtrise du qi.


La notion de qi n’est pas facile à comprendre pour un esprit occidental. Nous la traduisons par le mot « énergie », energeia en grec : la « force en action ». Il s’agit, en fait, de l’ensemble de nos forces – la somme des énergies qui constituent notre vitalité. Tantôt physiques (mécaniques, thermiques, chimiques, électriques, magnétiques), tantôt psychiques (émotionnelles et intellectuelles), ces énergies sont transmutables ; elles forment un continuum qui est notre force vitale, le qi.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Après l’extase, la lessive

 

psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Février 2011

Récemment, une dame bien intentionnée m'a recommandé de lire les ouvrages de Lobsang Rampa car, me dit-elle, ils permettent de découvrir le chemin qui mène à l'éveil. Je lui répondis que ceux-ci avaient enchanté mon adolescence, il y a plus de trente ans. Le troisième oeil, tout d'abord, paru en 1956, qui est encore, de nos jours, un succès de librairie, où l'auteur raconte son enfance dans une lamaserie tibétaine, initié et « éveillé » afin de « voir les gens tels qu'ils sont et non plus comme ils font semblant d'être ». Le Lama médecin, ensuite, où le jeune Lobsang quitte le Tibet pour étudier la médecine en Chine, apprend à piloter des avions, s'engage dans l'armée, est fait prisonnier par les Japonais et finit par s'évader.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Imposteurs, charlatans ou escrots?

 

psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Mai 2014

Beaucoup de gens me demandent comment repérer les charlatans qui, d’après eux, exercent en grand nombre dans le domaine des médecines non conventionnelles. Je réponds invariablement que, avant tout, il faut définir ce qu’est un charlatan. Est-ce forcément un escroc – c’est-à-dire quelqu’un qui cherche à s’emparer du bien d’autrui de façon malhonnête ? Est-ce toujours un imposteur – autrement dit une personne qui trompe volontairement les autres en se faisant passer pour ce qu’elle n’est pas ? Je ne le crois pas. Si l’on se réfère à la définition du dictionnaire, un charlatan exploite la crédulité des gens pour imposer ce qu’il a à leur vendre. Beaucoup de charlatans sont donc des escrocs, mais pas nécessairement des imposteurs car, le plus souvent, ils sont de bonne foi. Ils se croient bien informés et compétents alors que, en réalité, ils ne le sont pas, et c’est par inconscience et par ignorance qu’ils induisent les autres en erreur.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Bon courage !

 

psycho bel_2011_janvierArticle de Psychologie Magazine - Janvier 2011

Voici donc arrivé le début d'une nouvelle année. C'est le moment de se souhaiter plein de bonnes choses. Je ne me déroberai pas à la tradition. Je vous souhaite donc une bonne vie, une belle vie. Oui, vous avez bien lu : je ne vous parle pas de bonne santé. Tout simplement parce que je rencontre tous les jours des malades qui, malgré leurs souffrances et leurs difficultés, me disent qu'ils ont une bonne et une belle vie. Je ne vous parle pas non plus d'une heureuse année. Car, le bonheur ne tombe pas du ciel, il dépend souvent de la manière dont nous jugeons les évènements de notre vie. Il dépend surtout de la façon dont nous vivons notre existence. Les anciens Grecs avaient un très joli mot pour parler du bonheur : l'eudaimonia – de eu (qui signifie « bon ») et daimon (à l'époque on croyait que chacun portait en lui une sorte de « génie personnel intérieur », intermédiaire entre les dieux et les mortels, qui inspirait les jugements et les actions).

 

Visualiser l'article complet (pdf)

"Etre cohérent, optimisé notre énergie" (Hors série printemps 2014)

nouvelles cles vertical

Pour Thierry Janssen, médecin devenu psychothérapeute, nos émotions sont notre moteur. Afin de préserver cette énergie, il est crucial d’être en harmonie avec nos pensées, notre discours et nos actes.

Chirurgien, Thierry Janssen est devenu psychothérapeute en réaction à une médecine qu’il jugeait trop spécialisée, quand lui aurait privilégié une approche pluridisciplinaire, holistique. Après avoir pris brusquement conscience qu’il manquait de « cohérence », il s’est orienté vers l’accompagnement des personnes atteintes de maladies physiques. Il est devenu un auteur et conférencier réputé. Certains de ses livres sont d’ailleurs des best-sellers, notamment « La Solution intérieure », « La maladie a-t-elle un sens ? » (Fayard, 2006 et 2008), « Le Défi positif » et « Confidences d’un homme en quête de cohérence » (Les liens qui libèrent, 2011 et 2012). Pour lui, l’être est un tout, fait de plusieurs composantes : la matière (le corps), l’énergie (les émotions) et l’information (les pensées), l’énergie étant le pivot permettant la communication entre corps et esprit. Pour éviter une déperdition d’énergie, et donc mettre toutes les chances de notre côté pour rester en bonne santé, il est crucial d’être « cohérent ». Explications.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

La peur qui fait vendre

psycho bel_2010_decembre

Article de Psychologie Magazine Belgique - Décembre 2010

L'hiver approche et, avec lui, une kyrielle de maladies. Le temps est venu de se protéger, nous dit-on. D'autant plus que nous vivons une époque dangereuse. Nos maisons sont envahies par des microbes en tous genres. Il faut donc nous laver les mains, souvent ; éviter les contacts, désinfecter tout ce que nous touchons, purifier l'air que nous respirons, porter un masque. Et, si ces précautions ne suffisent pas, nous pouvons nous faire vacciner ou prendre des antibiotiques, à titre préventif bien sûr.

 

Visualiser l'article complet (pfdf)

 

Cher confrère, l'effet placebo n'explique pas tout

 

psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Avril 2014

Lorsque, en 1998, j’ai mis un terme à ma carrière de chirurgien, je me suis intéressé à des médecines qualifiées de « non conventionnelles », souvent moins scientifiques, plus empiriques, issues de traditions millénaires et faisant partie du patrimoine thérapeutique de l’humanité au même titre que la médecine dite « conventionnelle ». J’ai découvert alors le fossé qui existait entre ces cultures différentes. D’un côté, les tenants de la médecine scientifique niaient l’efficacité des approches non conventionnelles, sous prétexte qu’elle n’était pas prouvée et expliquée selon les critères de la science. De l’autre, les adeptes des médecines non conventionnelles avaient tendance à rejeter en bloc les acquis de la modernité avec un manque de nuances qui me paraissait tout aussi regrettable. Cela m’a motivé à publier La Solution intérieure, vers une nouvelle médecine du corps et de l’esprit1. L’idée était de traduire dans le langage rationnel de la science les belles intuitions des autres médecines, afin que celles-ci ne soient plus considérées comme « parallèles » mais qu’elles puissent, au contraire, converger au sein d’une « médecine intégrative », qui réunirait le meilleur de chaque approche thérapeutique au service des malades.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Le paradoxe du travail

psycho bel_2010_novembre

Article de Psychologie Magazine Belgique - Novembre 2010

Il est une croyance largement répandue selon laquelle nous serions plus heureux si nous pouvions travailler moins. Comme vous, sans doute, il m'arrive de penser que ma vie serait plus satisfaisante si j'avais davantage de loisirs. Et, pourtant, il semble que cela ne soit pas vrai. C'est ce que révèle une vaste enquête réalisée par le psychologue américain Mihaly Csikzentmihalyi. Car il ne faut pas confondre la satisfaction que nous éprouvons quand nous considérons les événements de notre vie avec recul et le réel contentement que nous ressentons lorsque nous sommes dans le feu de l'action. Pour éviter le biais des interprétations a posteriori, Csikzentmihalyi a demandé à des personnes de porter sur elles un petit boîtier électronique qui les obligeait à quantifier leur niveau de satisfaction et de bien-être, plusieurs fois au cours de la journée, en précisant si elles étaient en train de travailler ou, au contraire, de profiter d'un moment de loisir.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

« IL EST URGENT QUE TOUTES LES MÉDECINES COOPÈRENT »

 

psycho bel_2011_fevrierInterview de Psychologie Magazine - Mars 2014

Psychologies : Vous êtes l’un des premiers, avec le neuropsychiatre David Servan-Schreiber, à avoir encouragé l’association des médecines conventionnelle et non conventionnelles. Qu’est-ce qui vous a convaincu ?

Thierry Janssen : La médecine que j’ai apprise à l’université s’est développée à partir d’une vision réductrice et matérialiste de la réalité. Elle est un produit de la pensée occidentale, qui morcelle et analyse la réalité dans ses moindres détails. Cette manière de penser remonte à la Grèce classique et a été revalorisée au siècle des Lumières, lorsque les philosophes ont postulé que l’être humain était en dehors et au-dessus de la nature, devant utiliser son intelligence pour la dominer. La science analytique a effectivement permis d’échapper à certaines de ses lois, telle que la gravité ; cela nous a permis d’aller sur la Lune. En médecine, elle est à l’origine de grands progrès, en particulier ceux de la chirurgie, qui répare les corps mal formés, cassés et usés, ainsi que la lutte contre les infections, avec les mesures d’hygiène, les antibiotiques et les vaccins. Cela a permis à un plus grand nombre de gens de vivre plus longtemps. Mais il existe aussi des maladies, souvent chroniques, dues à l’usure et aux mauvaises conditions de vie, pour lesquelles cette médecine a peu de remèdes vraiment efficaces.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Le bon choix

psycho bel_2010_octobre

Article de Psychologie Magazine Belgique - Octobre 2010

Acquérir une voiture, commander un canapé, essayer une paire de chaussures, acheter un vêtement, pour certaines personnes il s'agit d'un exercice difficile. Elles doutent, elles hésitent, elles voudraient être assurées de faire le bon choix, ce qu'elles considèrent être le meilleur choix. Longtemps, j'ai fait partie de ces gens torturés, en quête d'excellence et de perfection. Faire des courses était devenu unvéritable cauchemar. Jusqu'au jour où j'ai décidé de ne plus me poser vingt mille questions et de me satisfaire de mes trouvailles. Mes choix n'étaient plus les meilleurs ; ils étaient simplement bons pour moi et suffisants.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Toucher et être touché

 

psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Février 2014

Rien de tel que le récit d’une histoire vraie pour faire passer un message essentiel. Celle que je vais vous raconter se déroule à la terrasse d’un café parisien, par une belle après-midi d’hiver. Je lisais tranquillement un journal lorsque mon attention a été détournée par la conversation entre deux femmes assises juste à côté. Vous me direz sans doute que la curiosité est un vilain défaut et que l’indiscrétion est une attitude absolument déplacée. Je ne pourrai vous contredire mais, si vous aviez entendu le ton de la discussion entamée par mes deux voisines, je pense que vous aussi auriez tendu l’oreille pour connaître l’objet de leur discorde. L’une des deux protagonistes (coiffée d’un bonnet en laine rouge) semblait particulièrement fâchée. L’autre (la tête découverte) l’écoutait sans répondre. La femme au bonnet rouge commençait toutes ses phrases par un « tu » accusateur. Son discours était une litanie de reproches. Égoïste, calculatrice, manipulatrice, menteuse, irrespectueuse, blessante, avare, opportuniste. Plus la liste s’allongeait, plus la femme à la tête découverte fermait les poings et serrait les dents. Je la sentais prête à exploser. Moi-même j’éprouvais de la tension en entendant les mots courroucés de la femme au bonnet rouge. La tentation de prendre part à la dispute des deux femmes était grande. Cependant, je n’en fis rien. Au contraire, je revins vers moi en respirant profondément. Je ressentis aussitôt une pression douloureuse dans ma poitrine.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Nombrilisme

 

psycho bel_2010_septembreArticle de Psychologie Magazine Belgique - Septembre 2010

Estime de soi, développement personnel, quête du bonheur, travail psychologique, réflexion philosophique, ne serions-nous pas en train de regarder notre nombril d'un peu trop près ? C'est une question que je me pose, en tant qu'homme mais aussi en tant que médecin et psychothérapeute. L'idée n'est pas de nous accuser d'égocentrisme mais plutôt de comprendre pourquoi les questions psychologiques et philosophiques prennent une place croissante dans nos sociétés. Une partie de l'explication me paraît résider dans la manière confortable dont nous vivons. En effet, le confort a un prix. Performance, surenchère, stress et surmenage. Vitesse, déracinement et disparition des repères. Perte de sens, manque d'espoir et dépression. Le mal-être est important. Le besoin de remèdes est criant. Cela signifie-t-il que les préoccupations d'ordre psychologique et philosophique sont l'apanage des sociétés nanties comme la nôtre ?

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Tout et son contraire

 

psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Janvier 2014

Il y a quelques années, une jeune femme m’appela pour que je reçoive sa maman à ma consultation. Cette dernière souffrait d’un cancer du sein avec des métastases osseuses. En entendant le nom de la patiente, je me souvins l’avoir rencontrée cinq ans auparavant. Elle était alors venue me demander mon avis thérapeutique suite à la découverte d’une petite tumeur cancéreuse dans son sein droit. Ayant lu mon livre La Solution intérieure, cette dame considérait que je faisais partie des médecins avec « un esprit suffisamment ouvert » pour confirmer que son cancer était d’origine psychologique. Je lui avais répondu que, par souci de garder l’esprit ouvert (comme elle disait si bien), je n’étais pas d’accord avec elle. Car, à l’instar de la plupart des maladies, bon nombre de cancers sont probablement causés par un ensemble de facteurs qui, séparément, ne sont pas dangereux mais, agissant ensemble, entraînent une perturbation responsable de la cancérisation de certaines cellules. Parmi ces facteurs, il y a des prédispositions génétiques, des déséquilibres alimentaires, des influences toxiques, des lésions infectieuses et sans doute, chez certains patients, des tensions psychiques et du stress chronique. Affirmer que le cancer est d’origine exclusivement psychologique paraît aussi simpliste et caricatural que de dire que les troubles émotionnels et le stress n’interviennent jamais dans le phénomène de cancérisation. Face à ma réponse tout en nuances, la patiente avait quitté ma consultation en déclarant que je n’avais pas l’esprit aussi ouvert qu’elle l’avait imaginé. En dépit de mes recommandations, elle avait décidé de ne pas se faire opérer et encore moins de se soumettre à une chimiothérapie, persuadée qu’une psychothérapie suffirait à la guérir. Cinq ans plus tard, la petite tumeur du sein avait grossi au point de s’ulcérer à la peau et d’envahir le creux axillaire du côté droit.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Vivre décalé (NC été 2010)

nouvelles cles vertical

Vivre décalé

C’est l’été, nous allons enfin pouvoir nous reposer. Le temps est venu de prendre des vacances. Chaque année, des millions de gens répètent ce rituel sans la moindre hésitation. Car la plupart d’entre nous en sommes convaincus : les beaux jours sont faits pour être chômés. Pourtant, d’après les chronobiologistes qui étudient l’évolution des rythmes de notre corps, il semble que nous nous trompons. Pour eux, l’été est la meilleure saison, non pas pour se reposer, mais pour travailler !

Et pour cause : la belle saison nous apporte des fruits et de légumes gorgés de soleil, de la lumière, des vitamines, et tout ce qu’il faut pour stimuler notre organisme. Nous sommes alors en pleine forme, débordant d’énergie pour accomplir les plus lourdes tâches. L’hiver, en revanche, notre alimentation est souvent carencée, nous manquons de lumière, nos défenses immunitaires sont moins performantes, l’activité de nos organes ralentit, notre corps est fragilisé, nous devenons plus sensible aux agents infectieux. Les statistiques le prouvent : le nombre des malades augmentent durant les mois froids et cette augmentation de morbidité est accompagnée d’un accroissement de la mortalité. C’est donc en hiver qu’il faudrait se reposer.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

La spiritualité, une source de bonheur !

 

psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Décembre 2013

Il y a des informations en apparence anodines qui réveillent en nous une profonde réflexion. Dans ma chronique du mois de novembre 2013, je rapportais les résultats d’une étude publiée dans la revue Psychological Medicine, selon lesquels la spiritualité est un facteur de dépression, tant au niveau de l’apparition des symptômes dépressifs que de leur aggravation1. Je faisais remarquer qu’une telle conclusion va à l’encontre des idées reçues sur le sujet. Et, cherchant une explication à cette contradiction, j’ai émis l’hypothèse d’une définition erronée de la spiritualité. Car on ne peut pas réduire le fait spirituel, comme le font les auteurs de cette étude, à la croyance en une force ou en un pouvoir extérieur à soi. La spiritualité est, au-delà des croyances, une science de l’esprit des choses et des êtres ; elle suppose une profonde compréhension des liens qui relient tout ce qui existe ; elle aboutit à la connaissance du souffle – le spiritus latin – qui donne la vie. En ce sens, la spiritualité est une science de l’amour. Parcourir un chemin spirituel n’est pas facile. Cela demande d’être à la fois objectif et compatissant à l’égard de soi-même et des autres. Tout voir et ne rien juger. Exercer une sorte d’intransigeance bienveillante faite de discernement, d’honnêteté et d’humilité. Identifier l’ombre et la lumière en nous, sans jamais culpabiliser. Accepter de contempler qui nous sommes en essayant de comprendre la loi de causalité qui nous a façonnés. Et avoir le courage d’assumer notre responsabilité en changeant certaines causes pour obtenir d’autres effets. Car nous sommes appelés à apporter des réponses.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Hommage à Christiane Singer (NC printemps 2010)

nouvelles cles vertical

Hommage à Christiane Singer

Le 4 avril 2007, Christiane Singer nous quittait au terme d’un long voyage dont elle laissait quelques derniers fragments dans un murmure apaisé. Trois ans, déjà. Trois années durant lesquelles de nombreuses personnes m’ont confié leur chagrin et leur incompréhension face à ce qu’elles considéraient comme une injustice, un illogisme. Car, s’interrogeaient-elles, comment une femme « aussi évoluée » que Christiane Singer pouvait-elle « avoir attrapé un cancer » ? Comme une personne ayant développé autant de lucidité à propos d’elle-même et des autres avait-elle pu tomber malade ? La question me fut posée à l’issue de presque toutes les conférences que j’ai prononcées depuis le départ de notre amie.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

« La spiritualité, un facteur de dépression psychologique ? »

 

psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Novembre 2013

Dans son numéro du mois d’octobre 2013, la prestigieuse revue Psychological Medicine publiait les résultats d’une étude prospective internationale, sous le titre « Croyances spirituelles et religieuses en tant que facteurs déterminants pour l’apparition de dépressions majeures ». Dirigée par le professeur Michael King de l’University College de Londres, cette enquête a été effectuée par une équipe de médecins généralistes auprès de plus 8000 personnes, dans sept pays, sur une période d’un an. Elle conclut que les personnes ayant une pratique religieuse ou des préoccupations spirituelles sont touchées de manière plus intense par la dépression que les personnes ayant une manière de vivre plus terre-à-terre. Plus l’inclinaison religieuse ou spirituelle était forte au début de l’étude, plus le risque de dépression s’est révélé important. Et, lorsque les personnes montraient des symptômes dépressifs, leur religion ou leur spiritualité ne les aidait pas à aller mieux ; dans certains cas elle était même un facteur aggravant. Ces résultats indiquent donc qu’une perspective religieuse ou spirituelle affaiblit le bien-être des individus au lieu de le fortifier. Cela va à l’encontre de l’idée généralement admise (y compris dans le monde de la psychiatrie) d’un effet protecteur des pratiques religieuses et des croyances spirituelles face à l’adversité. Ainsi religion et spiritualité nuiraient à la santé mentale des individus.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Principe de précaution (NC hiver 2009)

nouvelles cles vertical

Principe de précaution

Il y a quelques mois, j’assistai à un débat télévisé sur l’avenir de la médecine. Une médecine qualifiée de « système de santé » par l’un des éminents professeurs présents sur le plateau. Très rapidement, la discussion porta sur la prudence qui, d’après un auteur de science-fiction, était indispensable lorsque l’on introduisait de nouvelles technologies à l’hôpital. Un militant écologiste en profita pour plaider en faveur des précautions à respecter lorsque l’on introduisait de nouvelles substances chimiques dans l’environnement. Un dirigeant de l’industrie pharmaceutique lui rétorqua que les produits chimiques faisaient l’objet de tests prouvant leur innocuité. L’écologiste lui répondit que ces tests ne tenaient pas compte des interactions possibles entre différentes molécules qui, prises séparément, ne sont pas dangereuses pour la santé mais qui, lorsqu’elles agissent en synergie avec d’autres substances, peuvent devenir pathogènes. Un médecin acquiesça de la tête. Un autre leva les yeux au ciel.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

« Accepter ne signifie pas se résigner »

 

psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Octobre 2013

Jean a quarante ans, sa femme l’a quitté ; il a beaucoup souffert de cette séparation et le stress a déclenché chez lui un eczéma extrêmement étendu. Progressivement, au cours de son travail psychologique, il a compris que cette épreuve constituait une occasion inespérée de guérir une profonde blessure d’abandon. Jean a donc fini par accepter la rupture mais, au lieu de la subir comme une victime, il a décidé de transformer son expérience douloureuse en une source de croissance personnelle. « Je n’en pouvais plus de me sentir impuissant face à une situation que je n’avais pas choisie, explique-t-il. J’ai décidé de reprendre ma vie en main et d’agir d’une manière constructive. » Aujourd’hui, Jean affirme que le départ de sa femme a été une chance. Il se sent plus fort, plus construit, plus rempli. « Pas rempli par les autres, précise-t-il. Rempli de moi-même ! » Son eczéma va beaucoup mieux. Cécile a trente-six ans, elle souffre d’une insuffisance rénale ; depuis trois ans, elle doit se soumettre à des dialyses régulières pour épurer son sang en attendant une hypothétique greffe de rein. Au début de nos rencontres, elle exprimait sa révolte face à la maladie, son sentiment d’injustice de devoir dépendre d’une machine pour survivre, son angoisse pour le futur, sa tristesse aussi. Puis, avec le temps, son discours a changé. « Je me suis mise à penser que la maladie et les contraintes de son traitement avaient du bon », dit-elle en souriant. Car, Cécile a appris à apprécier le moment présent.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Jusqu'au bout de la logique (NC automne 2009)

nouvelles cles vertical

Jusqu’au bout de la logique

Hervé a quarante-cinq ans, une femme, deux enfants et un travail qui le passionne ; il est directeur du marketing dans une importante fabrique de confiseries. Malheureusement, Hervé a aussi un héritage familial qui l’a conduit à déclencher un diabète quelques jours avant son quarante-quatrième anniversaire. « Mon médecin est formel, explique t-il. Le fait que mon père et mon grand-père aient été sujets à l’hyperglycémie me prédisposait à cette maladie. La tendance à avoir trop de sucre dans le sang serait donc familiale. Cependant, mon médecin a ajouté que mes mauvaises habitudes alimentaires y étaient aussi pour quelque chose. Je me serais fabriqué mon diabète, conclut-il. »

 

Visualiser l'article complet (pdf)

« Je ne fais pas ce que je veux mais je veux ce que je fais ! »

 

psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Septembre 2013

Maria à quarante-trois ans. Divorcée, mère de deux adolescents, elle a dû fuir son pays ravagé par la guerre civile. Depuis, elle vit en Belgique où son diplôme de dentiste n’est pas reconnu. « Je ne peux donc pas exercer la profession pour laquelle j’ai été formée », explique-t-elle. Obligée de travailler pour nourrir et éduquer ses enfants, elle a été engagée comme technicienne de surface pour nettoyer des bureaux, la nuit, dans les tours du Quartier Nord à Bruxelles. « Dit plus simplement, je travaille comme femme de ménage », commente-t-elle avec humour. Je connais Maria depuis cinq ans ; je ne l’ai jamais vue de mauvaise humeur. Nous nous sommes rencontrés à ma consultation car un cancer du sein l’avait incitée à entamer une psychothérapie. Non pas qu’elle se sentait « malade » mais, simplement, elle désirait regarder en face de vieilles blessures psychologiques, les nommer, les apprivoiser et même s’en débarrasser. « Je suis convaincue que cela m’aidera à guérir ce cancer », m’avait-elle annoncé d’emblée. Son cancer est à présent guéri cependant Maria continue à fréquenter ma consultation. C’est pour elle l’occasion de se poser, de revenir à elle et de se ressourcer. Car son travail de nuit combiné à l’éducation de deux adolescents est éprouvant. Certains jours, je lui trouve le teint pâle, la mine fatiguée. Elle m’avoue être épuisée mais cela ne l’empêche pas de sourire. Même lorsqu’elle a appris que l’entreprise pour laquelle elle travaille risquait de la licencier.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Lutter autrement contre le cancer

nouvelles cles

Entretien posté sur le site www.la-maison-du-cancer.com

LMC : Nombre de personnes ressentent un sentiment aigu de culpabilité lorsqu’ils apprennent leur état cancéreux. Pourquoi ?

Thierry Janssen : La maladie constitue une période chaos intense, nous perdons nos repères, nos certitudes s’évanouissent et notre impression de toute-puissance se révèle être une illusion. Cela nous fragilise, nous redevenons alors comme un petit enfant, dépendant, et nous espérons rencontrer une autorité qui détient les solutions pour notre survie. Nous remettons donc volontiers notre pouvoir à autrui, aux soignants que nous voyons comme des parents. De plus, influencé par une pensée magique enfantine, nous avons tendance à croire que si la maladie nous pénalise c’est parce que nous avons fait quelque chose de mal. Ce sentiment de culpabilité ne recouvre aucune réalité. Au lieu de culpabiliser, l’adulte que nous sommes devrait plutôt assumer sa responsabilité face à la maladie. Car, il n’y a pas d’effets sans causes. La plupart du temps, nos maladies et a fortiori les cancers sont d’origine multifactorielle. Souvent la multitude et la complexité des causes impliquées nous dépassent. Cela ne devrait pas nous décourager car seule une meilleure compréhension des synergies à l’œuvre entre toutes ces causes pourra nous permettre de réduire le nombre des malades. Ainsi, par exemple, on sait que le tabagisme est une cause de cancers du poumon ; la dépression psychologique quant à elle ne provoque pas de cancers du poumon ; mais le tabagisme allié à une dépression est beaucoup plus cancérigène que s’il est pratiqué par des individus non dépressifs. Ce n’est qu’un exemple, qui ne tient pas compte de toute une série d’autres facteurs comme les pollutions environnementales ou des déséquilibres alimentaires. Au diable la culpabilité. Mais il est temps d’assumer nos responsabilités individuelles et collectives face aux cancers. Il est temps de penser à une vraie prévention.

 

Visualiser l'article complet (PDF)

Un conte soufi à méditer durant les vacances…

 

psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Juillet-Août 2013

Il était une fois un vieux sultan qui, pressentant la mort approcher, réclama son fils à son chevet afin de lui léguer ce qu’il avait de plus précieux : un bel anneau d’or surmonté d’une volumineuse pierre bleue sous laquelle on pouvait dissimuler une mèche de cheveux, le souvenir d’un être aimé ou du poison destiné à tuer un ennemi. « Tu vois cette bague, dit le sultan, à l’intérieur tu trouveras la solution au pire des problèmes de l’existence. Passe-la à ton doigt et prometsmoi de ne l’ouvrir qu’au moment où tu n’auras pas d’autre choix, car la solution magique qu’elle contient ne te servira qu’une seule fois. » À peine eut-il prononcé ces mots, le vieux sultan rendit son dernier soupir. Quelques années plus tard, le nouveau sultan régnait sur un royaume prospère et en paix. La favorite de ses épouses s’apprêtait à donner naissance à un fils, un héritier pour le trône. Malheureusement, la jeune femme mourut en couches. Désespéré, le monarque resta prostré au fond de ses appartements durant de nombreuses semaines. Il refusait de s’alimenter et plusieurs fois il pensa à se donner la mort.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Bon courage ! (NC été 2009)

nouvelles cles vertical

Bon courage !

Ecoutons-nous ce que nous disons ? Cette question peut paraître anodine, futile, voire même stupide. Et pourtant, lorsque l’on prend la peine d’y répondre, on découvre que nous ne sommes pas toujours conscients des intentions contenues dans nos discours. Pour s’en persuader, il suffit de prêter l’oreille aux formules habituellement utilisées pour clôturer les rencontres humaines. « Au revoir », « à bientôt », « good luck » (« bonne chance »), « take care » (« prenez bien soin de vous »), « que tout aille bien », « bonne route »…, et « bon courage » ! L’inventaire est vaste et tellement révélateur de notre manière de penser.

Ainsi, par exemple, « au revoir » ou « à bientôt ». Ces mots expriment le souhait d’une nouvelle rencontre, d’un lien qui se perpétue dans le temps et, peut-être même – si l’intonation avec laquelle ils sont prononcés est en demande – le désir d’instaurer une véritable dépendance dans la relation… « A bientôt, j’espère ! » Cette petite phrase ne traduit pas du tout la même intention qu’une expression comme « take care ». « Prenez bien soin de vous » ne comporte pas le projet d’une nouvelle rencontre. Au contraire, cette formule enjoint à celui qui est quitté d’assumer son chemin tout seul, comme un grand ; et elle laisse entrevoir une certaine confiance dans le fait que l’autre a en lui les ressources nécessaires pour y
parvenir.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Une question que je me pose à propos de la guérison

 

psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Juin 2013

Depuis une dizaine d’années j’accompagne psychologiquement des malades atteints de pathologies physiques. La plupart du temps, il s’agit de maladies chroniques dont un bon nombre sont des cancers. Car, pour beaucoup de gens, le cancer est une maladie qui se prolonge à travers de multiples traitements, des récidives ou, en cas de rémission, des contrôles réguliers sur le long terme. Certains de ces patients guérissent, d’autres pas. Mais, tous, ils se battent avec l’espoir d’aller mieux et de s’en sortir. Je rencontre alors des personnes qui recourent exclusivement aux traitements de la médecine dite « conventionnelle », d’autres qui choisissent de se soigner en plus à l’aide de traitements complémentaires proposés par des médecines « non conventionnelles », et d’autres encore qui refusent les remèdes de la médecine conventionnelle et préfèrent ne s’en tenir qu’à des soins non conventionnels. Curieusement, j’observe des guérisons et des échecs thérapeutiques dans les trois catégories de patients. Et ce pour des cancers de même nature, au même stade d’avancement et avec le même degré d’agressivité. On est donc en devoir de se demander ce qui aide vraiment les malades à guérir.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Le cancer, au-delà des croyances

nouvelles cles

Conférence prononcée aux Entretiens de Millancay, le 3 octobre 2008.

On ne peut pas s’intéresser au cancer sans en aborder les différents aspects psychiques, psychologiques et sociaux. Ceux-ci sont au cœur de ma pratique d’accompagnement des malades. Or, au cours de cette pratique, j’ai été interpellé par le fait que de nombreux patients ont spontanément tendance à rattacher leurs problèmes de santé à un évènement ou à des circonstances de vie qui ont été difficiles à vivre d’un point de vue émotionnel. Une étude scandinave révèle que 40 % des femmes interrogées, atteintes d’un cancer du sein, sont convaincues que leur maladie est la conséquence d’un traumatisme psychologique, une situation émotionnellement mal vécue qui se serait produite dans les mois qui ont précédés le diagnostic du cancer. Or, lorsque l’on effectue des études rétrospectives, un lien de causalité entre un traumatisme psychologique et le déclenchement d’un cancer est loin d’être prouvé. Sans doute parce que, si lien il y a, celui-ci participe d’un ensemble de causes dont la synergie favorise le déclenchement de la maladie. Comme la plupart des pathologies, le cancer est une maladie multifactorielle.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Derrière chacune de nos affirmations négatives il y a une peur.

 

psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Mai 2013

L’autre jour, dans le métro parisien, j’ai surpris une conversation entre deux jeunes femmes. Vous allez me dire que cela ne se fait pas. Je le sais mais n’ai pas pu résister car le débat qu’elles avaient engagé était passionnant. Je vous raconte (en prenant soin de changer les prénoms de ces deux personnes ; discrétion oblige, bien sûr). Sandra et Noémie étaient donc en train de discuter à propos d’un appel téléphonique que Noémie aurait dû faire à son petit ami avec lequel elle s’était disputée la veille au soir. « Je ne l’appellerai pas, déclara-t-elle énervée. De toute façon, cela ne servirait à rien car il ne voudrait pas m’écouter. Et puis, même si il m’écoutait, il ne comprendrait pas ce que j’ai à lui dire. C’est un con, un point c’est tout. Je ne veux plus jamais entendre parler de lui ! » Habitué à scruter le regard d’autrui lors de mes consultations, j’avais beaucoup de mal à croire le discours de Noémie. Sandra partageait mon avis. « Je ne te crois pas, tu crèves d’envie de l’appeler mais tu n’oses pas. Voilà la vérité ! », dit-elle à son amie de plus en plus courroucée. Sandra avait raison : Noémie avait peur d’appeler son petit ami. Car elle craignait qu’il ne l’écoute pas ou, bien pire, qu’il ne comprenne pas ce qu’elle avait à lui dire.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Du bon usage des crises (NC printemps 2009)

nouvelles cles vertical

Du bon usage des crises…

C’est la crise ! Voilà trente ans que l’on nous rabâche les oreilles avec cette affirmation. On finissait par s’y habituer. Seulement voilà, depuis quelques mois, c’est du sérieux. C’est vraiment la crise ! Et, tous les médias s’accordent pour nous rassurer sur un fait : nous avons raison d’avoir peur. Articles de presse, débats radiophoniques, information télévisée : il y a de quoi être terrorisé. Et pourtant…

Toutes les crises ne sont pas forcément des catastrophes. Il est peut-être temps de s’en rappeler. Car, quelle que soit la situation critique à laquelle nous sommes confrontés, celle-ci est le résultat d’une cascade de causes et d’effets. Chaque crise comporte donc un risque, le danger de ne pas comprendre les causes qui nous ont plongés dans le chaos et, du coup, la menace de nous y enfoncer davantage. En même temps, chacune de nos crises est une occasion inespérée d’identifier les raisons de son apparition. On peut donc considérer que chacune de nos crises constitue une opportunité de changer certaines causes afin d’obtenir d’autres effets. Ainsi, chacune de nos crises peut devenir une chance. A condition de bien vouloir envisager l’aspect positif du chaos – passage nécessaire à la naissance d’un nouvel équilibre.

 

Visusaliser l'article complet (pdf)

Il m’a fallu des années avant de me permettre l’auto-compassion

 

psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Avril 2013

Avril est le mois de mon anniversaire. J’ai pris l’habitude de le consacrer à des projets qui me tiennent à coeur. Ainsi, chaque année, à la même période, je me libère de mes obligations afin de pouvoir faire ce qui me plaît véritablement. Je lis, j’écris, je voyage, je partage. Je danse, je ris, je respire. Et, détail très important, je me permets d’en éprouver du plaisir sans culpabiliser, en goûtant pleinement la joie d’être ce que je suis, tout simplement. Un de mes amis m’a dit qu’il fallait certainement beaucoup d’estime de soi pour se permettre une telle liberté. Je ne pense pas que cela soit exact. Ce qu’il faut c’est plutôt de la compassion pour soi-même. La nuance est importante. L’estime de soi est le résultat d’une auto-évaluation et, souvent, d’une comparaison avec les autres. Elle se construit sur l’accomplissement de certains objectifs que l’on s’était fixés. Elle se nourrit des performances qui révèlent nos compétences et renforcent notre confiance en nous-même. La compassion pour soi, quant à elle, ne réclame ni accomplissement ni performance. Elle n’est le résultat d’aucune comparaison avec autrui. Au contraire.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Interview magazine Santé Intégrative 01/2009

nouvelles clesInterview du Dr Thierry Janssen au sujet de son dernier livre :

La maladie a-t-elle un sens ?

Enquête au-delà des croyances

Alain Gourhant (magazine Santé Intégrative): pourquoi avez-vous écrit ce livre, à ce stade de votre parcours ?

Thierry Janssen : la raison est d'abord personnelle : quand je travaillais à l'hôpital, je ne me rendais pas compte du besoin de sens des patients que j'opérais. Je n'imaginais pas à quel point il était important pour eux de trouver une explication à ce qu'ils vivaient. Je ne soupçonnais pas que ces patients cherchaient à intégrer leur maladie à leur parcours de vie, afin de trouver un sens à leur expérience et définir une direction à leur existence. Depuis que j'accompagne les malades en tant que psychothérapeute, je me rends compte que cette question du sens est primordiale ; pouvoir y répondre correspond à un besoin fundamental pour l'être humain. J'ai donc été amené à m'interroger afin d'élargir le champ de ma réflexion. Vous savez, il y a un monde entre l'exercice de la chirurgie et la pratique de la psychothérapie. Est-ce que vraiment la maladie a un sens? Et, si elle a un sens, quel est-il? Comment y répondre, comment aider les patients face à cette question? Ce nouveau livre rend compte d'une réflexion personnelle éclairée par les connaissances de ma culture – une culture scientifique, contemporaine, occidentale.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Nous ne devrions pas juger nos émotions

 

psycho bel_2011_fevrierArticle de Psychologie Magazine - Mars 2013

Lorsque j’ai commencé à m’intéresser au rôle des affects dans la santé, j’ai été étonné par le choix des adjectifs utilisés pour qualifier les émotions. Émotions positives, émotions négatives. Les mots « positif » et « négatif » ont une connotation subjective qui ne me paraissait pas appropriée pour décrire les phénomènes émotionnels d’un point de vue objectif et scientifique. Un ami psychologue m’a alors affirmé que ces adjectifs décrivaient les conséquences, heureuses ou malheureuses, des différentes émotions. Je lui fis remarquer que les émotions positives n’ont pas toujours des effets positifs. Des personnes trop enthousiastes peuvent se leurrer et prendre des risques inconsidérés qui mettent leur vie en danger. Certains malades trop confiants minimisent leurs symptômes, ne se reposent pas suffisamment, ne suivent pas sérieusement leur traitement et, du coup, réduisent leurs chances de guérir. De la même manière, les émotions négatives n’ont pas forcément des effets négatifs. Ainsi, par exemple, la peur provoquée par un événement vécu dans le moment présent permet d’éviter certains dangers. La colère exprimée de façon non agressive, dans l’affirmation de soi et la créativité, peut se révéler une formidable force de vie, notamment chez des personnes malades. Un autre ami, moine bouddhiste, m’expliqua qu’il valait mieux qualifier les émotions négatives de « destructrices ». Cet adjectif décrit effectivement une conséquence possible des émotions négatives.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Interview revue Alliance

nouvelles cles

Entretien avec Thierry Janssen (propos recueillis par Nathalie Calmé pour la revue Alliance)

En 1998, vous démissionnez soudainement du centre de cancérologie de l’université de Bruxelles, « fatigué, dites-vous, d’une spécialisation à outrance qui empêche de voir le
malade derrière l’organe et l’être humain derrière le malade ». Comment en êtes-vous arrivé à cette décision radicale ? J’avais tout sacrifié à ma carrière médicale et chirurgicale. Je m’étais enfermé dans une course à gravir les échelons de la hiérarchie académique. Depuis l’enfance, je rêvais de devenir chirurgien et professeur de médecine pour enseigner.
A l’âge de 35 ans, j’ai commencé à me sentir très à l’étroit dans mon métier. Je fonctionnais comme une machine performante dans une médecine dont l’esprit est lui-même très
mécaniste. Mon inconfort était tel que je me suis mis à somatiser. J’avais le dos couvert d’eczéma et je faisais des conjonctivites à répétition.
J’ai fini par obtenir ma nomination dans le centre de cancérologie de l’université de Bruxelles. Et, le jour de mon entrée en fonction, sans aucune préméditation, subitement, j’ai réalisé que si je prenais ce poste, j’allais tuer quelque chose de profond, d’essentiel en moi qui demandait à être exploré, à se révéler, à s’exprimer. Je suis entré dans mon nouveau bureau et j’ai écrit ma lettre de démission. Faire ce choix a libéré en moi une force incroyable ! Une certitude
inébranlable. Evidemment, par la suite, il a fallu en assumer les conséquences en affrontant le regard des autres qui pensaient que j’étais devenu complètement fou.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Dire merci est le meilleur moyen d’être heureux

psycho bel 2012 maiArticle de Psychologie Magazine - Février 2013

Noël est déjà loin. Les lumières de la fête se sont éteintes mais, pour bon nombre d'entre nous, elles brilleront longtemps dans les souvenirs. Un beau sapin, de nombreux cadeaux, la famille réunie autour d'un savoureux repas. Lorsque j'y pense, j'éprouve une certaine tristesse car, pour moi, quelque chose est venu ternir ces moments de réjouissance. Un fait qui peut paraître anodin mais que je crois très important. Loin de moi l'idée de faire un procès à quiconque. Néanmoins, j'ai décidé de vous en parler. L'affaire remonte à la nuit du 24 décembre. Nous étions réunis autour de l'arbre. Mes neveux et mes nièces déballaient leurs cadeaux dans l'excitation et la bonne humeur. À peine avaient-ils ouvert un paquet qu'ils se jetaient sur un autre, sans vraiment prendre le temps de découvrir le présent qu'ils venaient de recevoir. Sans, non plus, dire merci à celui ou à celle qui le leur avait offert. Plus tard, nous nous sommes quittés, comme si aucun cadeau n'avait été échangé. Pas une fois au cours de la soirée, ils n'avaient exprimé leur gratitude. Cela m'a fait de la peine. Non pas pour moi mais pour eux.

 

Visualiser l'article complet

Entre corps et esprit, une science du lien


nouvelles cles

En s’intéressant de près aux interactions entre le corps et l’esprit, la science accompagne l’émergence d’un nouveau paradigme.

Nous empruntons parfois de longs détours avant d’accepter certaines évidences remplies de bon sens. Et pour cause : de vieilles croyances nous empêchent d’envisager la réalité sous un angle neuf. Aveuglés par nos réponses toutes faites, nous sommes alors incapables de nous poser de nouvelles questions et, sans nous en rendre compte, nous vivons à la lumière de dogmes bien obscures. Songeons qu’au XVIIème siècle des philosophes comme John Locke affirmaient : « la négation de la nature est la voie du bonheur ». Curieux siècle des Lumières où l’homme s’attribua la mission d’influencer, de contrôler et de dominer la nature considérée comme une ennemie. Redoutable croyance qui, trois cents ans plus tard, nous incite encore à nier cette nature dont nous sommes constitués et dont nous faisons partie. C’est pourtant grâce à cette posture « en dehors du monde » que la science occidentale a connu ses plus grands développements. Réduire la réalité à ses constituants les plus infimes a permis la description de nombreux mécanismes du vivant. Malheureusement, à force d’analyser les détails, le réductionnisme scientifique est privé de la vision globale nécessaire pour reconstituer l’ensemble du puzzle. « La vie ne réside pas dans les molécules mais dans les relations qui s’établissent entre elles », faisait remarquer Linus Pauling, lauréat des prix Nobel de chimie et de la paix. Le tissu du vivant est fait de liens. Ce sont précisément ces liens que la science du XXIème siècle va devoir étudier si elle veut rester au service de la vie.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

La danse m'a donné le goût de m'incarner

psycho bel 2012 maiArticle de Psychologie Magazine - Janvier 2013

Imaginez un enfant à l'allure chétive, le thorax déformé, les jambes tordues, mal à l'aise dans son corps, complexé et extrêmement émotif, moqué par ses camarades de classe à cause de sa trop grande sensibilité et, du coup, se tenant à l'écart, condamné à la solitude. Lorsque je me souviens de ce petit garçon, je ressens encore la souffrance que j'éprouvais alors. J'avais peur de tout. Peur des autres, peur de moi, peur de monter sur une chaise ou d'attraper un ballon. Je me tenais en dehors de la vie, j'étais triste et souvent désespéré. Heureusement, vers l'âge de dix ans, j'ai découvert la danse. C'est elle qui m'a sauvé. J'ignore ce qui m'a poussé à danser. Un instinct de survie, probablement. Mais aussi un sens du rythme qui éveillait des émotions fortes lorsque j'écoutais de la musique. Des émotions joyeuses, confiantes et libérées. De la fluidité et du plaisir. Un plaisir vécu dans le corps. Cela n'avait rien à voir avec le contentement que j'éprouvais à la lecture ou à la rêverie. Tout à coup, je me suis autorisé des mouvements que je n'avais jamais osé effectuer auparavant. La danse m'a donné le goût de m'incarner. Plus j'habitais mon corps, plus je désirais en faire l'expérience. Ce fut une découverte à la fois extérieure et intérieure, une exploration de l'espace autour de moi en même temps qu'une appropriation de l'espace en moi. Une source d'apaisement. 

Visualiser l'article complet

Interview revue Canopée

nouvelles clesInterview de Sylvain Michelet pour la revue Canopée 2007

Etonnant Thierry Janssen ! Chirurgien de renom, assistant à la faculté, nommé dans le centre de cancérologie de l’université de Bruxelles, il démissionne soudain, fatigué d’une spécialisation à outrance qui l’empêche de « voir le malade derrière l’organe et l’être humain derrière le malade ». Formé à d’autres approches, devenu guérisseur autant que médecin, il revient avec un livre événement, La Solution Intérieure. Dans cette synthèse, sans polémique mais richement documentée, des recherches menées par la science occidentale sur les effets de thérapies faisant appel à d’autres conceptions de l’homme, il en explique avec simplicité les fondements, dessinant l’avenir d’une « nouvelle médecine du corps et de l’esprit ».

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Les Gourous Doudous

Leurs ouvrages sont les nouvelles bibles de lecteurs déboussolés. Enquête sur ces experts en bien-vivre qui ont transformé la quête de sens en best-sellers.

ILS NOUS VEULENT LE PLUS GRAND BIEN DU MONDE, enchaînent les tournées en France et à l'étranger, reçoivent des dizaines de lettres et de mails par jour, et chacun de leurs livres déclenche un raz de marée Christophe André, Fredéric Lenoir, Thierry Janssen, Alexandre Jollien et Laurent Gounelle sont les nouvelles stars de la quête de sens Ni people ni prophètes, rois postmodernes de l'empathie, ils font battre les coeurs sensibles en ne proposant rien de plus, rien de moins non plus, qu'un chemin possible vers le bonheur Les ventes cumulées de leurs livres, situés au croisement de la psychologie, de la philosophie, de la spiritualité et de l'expérience personnelle, explosent le box-office Cet automne, les Français dévorent « Sérénité. 25 histoires d'équilibre interieur » de Christophe André (ed Odile Jacob), « La Guénson du monde » de Fréderic Lenoir (ed Fayard), « Confidences d'un homme en quête de cohérence » de Thierry Janssen (éd Les liens qui libèrent), « Le philosophe qui n'était pas sage » de Laurent Gounelle (éd Plon) ou encore « Petit traite de l'abandon» d'Alexandre jollien (éd Seuil) Le succes est parti pour durer, et l'un de ces livres sera peut-être votre prochain cadeau de Noel.

Visualiser l'article complet

Le besoin de Héros

06 04 02 LLEH Le besoin de heros

Article de la LLEH du 02/04/2006

Divinités de la mythologie, ancêtres idéalisés ou figures légendaires de l’Histoire, les héros de notre imaginaire représentent une source d’inspiration fertile. Celle-ci nous invite au dépassement de nous-même. Le stimulus est puissant, indispensable peut-être. Dès lors, certains sociologues s’interrogent. Car, dans une époque où les références religieuses, le culte des morts et les connaissances historiques s’estompent, les nouveaux héros de la presse people remplacent peut-être les modèles exemplaires du passé. Le succès de certains magazines semble confirmer cette hypothèse. Aurions-nous besoin d’être fascinés par l’un ou l’autre personnage emblématique ? De nombreux psychologues pensent que oui. Et, selon une étude réalisée par Robert Deaner de l’université de Durham, nous partagerions cette propension avec nos cousins les singes. En effet, des macaques mâles adultes préfèrent se passer de nourriture plutôt que d’être privés de la possibilité de contempler des photographies des mâles dominants de leur groupe. En revanche, regarder les photos des mâles dominés ne les intéresse guère. L’attrait pour les stars de la horde se révèle donc une priorité. Et Deaner a montré que cette attirance est au moins aussi importante que l’intérêt manifesté pour les organes sexuels des femelles de l’espèce !

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Le temps est venu d’arrêter de tricher

psycho bel 2012 maiArticle de Psychologie Magazine - Décembre 2012

Décembre 2012 : le mois de tous les dangers. Nous y voilà arrivés. La première fois que j'ai entendu parler de cette date fatidique, c'était en 1999. Je venais de mettre un terme à ma carrière de chirurgien et j'avais le projet d'écrire un roman dont l'action se situait entre Paris, Londres, la Californie et la forêt guatémaltèque. Le synopsis mettait en scène une jeune femme inspecteur de police, séduisante et intrépide, confrontée à une secte millénariste qui prédisait la fin du monde pour le 20/12/2012. J'espérais à travers ce thriller esotérico-philosophique partager une réflexion à propos de l'évolution de notre civilisation. Malheureusement, en voulant exposer mes idées, je n'avais pas laissé suffisamment de place à mes personnages. De l'avis de plusieurs éditeurs, mon texte n'était pas assez romanesque. J'aurais mieux fait d'écrire un essai. Les recherches que j'effectuai alors m'amenèrent à consulter une série de documents selon lesquels le calendrier maya prophétisait la fin du monde pour le 20/12/2012. À l'époque, j'étais loin d'imaginer que cette information susciterait autant de passions et ferait la fortune de nombreux auteurs et cinéastes habitués à surfer sur la vague des angoisses collectives.

 

Visualiser l'article complet

Pour une médecine intégrée

nouvelles cles

Pour une médecine plus efficace, plus humaine et moins chère, la médecine scientifique devrait s'intéresser de près aux acquis des médecines traditionnelles tels que l'acupuncture, l'hypnose ou le yoga.

Une étude publiée en 2002 par le gouvernement américain révèle que 36 pc de la population recourent aux "médecines alternatives et complémentaires". Médecines chinoises et ayurvédique, acupuncturen homéopathie, phytothérapie, psycothérapie, méditation, hypnose, yoga, tai chi, qigong, massage, chiropraxie, osthéopathie, toucher thérapeutique, reiki. Les dépenses consacrées à ces pratiques représentent plusieurs millards de dollars que les malades que les malades n'hésitent pas à débourser sans aucune aide financière. Cette tendance se vérifie dans la plupart des pays occidentaux puisque, d'après l'étude, la proportion des consomateurs des soins médicaux non conventionnels varie de 20 à 50 pc, voir même 65 pc au Japon.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Il faut arrêter de voler la mort aux gens !

psycho bel 2012 maiArticle de Psychologie Magazine - Novembre 2012

Lionel avait quarante-trois ans lorsqu'une bronchite difficile à guérir l'a incité à consulter un pneumologue. Ce dernier lui diagnostiqua une tumeur cancéreuse au niveau du poumon droit. Malheureusement la chirurgie et la chimiothérapie ne suffirent pas pour arrêter la progression de la maladie. D'autres tumeurs apparurent dans le poumon gauche, puis autour du coeur et dans le cerveau. Loin de se décourager, Lionel consulta d'autres spécialistes, il se rendit même à New York avec l'espoir de pouvoir bénéficier d'un protocole thérapeutique plus efficace. Il ne voulait pas mourir. Quarante-trois ans, quatre enfants encore petits et une épouse sans aucune qualification professionnelle. Il ne pouvait se résoudre à l'idée de partir si tôt. C'était trop tôt. Il voulait tenter l'impossible pour s'en sortir même si, il le savait, ses chances de guérison étaient faibles. Son but n'était pas tant de guérir que de rester en vie le plus longtemps possible. Les médecins lui proposèrent tout ce qu'ils avaient à leur disposition, des traitements les plus classiques aux remèdes encore expérimentaux. Rien n'y fit. Lionel commença à perdre du poids, il s'affaiblit et, après six mois de combat acharné, il dû se résoudre à rester alité, puis à être hospitalisé.

 

Visualiser l'article complet

Intuitions indiennes

06 03 03 LLEH Intuitions indiennes

Article de la LLEH du 03/03/2006

Doté d’un cerveau composé de deux hémisphères, chacun de nous appréhende la réalité de manières très différentes. Et pour cause : notre cerveau gauche est spécialisé dans l’analyse et les raisonnements logiques, il décrypte le monde dans ses moindres détails. Notre cerveau droit, de son côté, est capable de percevoir l’information d’une manière métaphorique et analogique, il crée des liens et développe une pensée intuitive et globale. Si le cerveau gauche était un mathématicien, le droit serait un poète. Raison ou intuition ? Analyse détaillée ou vision d’ensemble ? La réponse à cette question est souvent un choix culturel.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Du chirurgien urologue au "chirurgien de l'âme"

Entretien paru dans la revue Reflets

Depuis de nombreuses années, je suis le parcours de Thierry Janssen. Ce qui me touche en premier lieu, c'est sa capacité à se remettre en question. En 1998 il quitte son métier de chirurgien urologue pour devenir psychothérapeute spécialisé dans l'accompagnement des patients atteints de maladies physiques ou comme il se plait à se nommer « chirurgien de l'âme ». En deuxième lieu, je suis stupéfaite de sa sincérité. Son nouveau livre Confidences d'un homme en quête de cohérence, éd.LLL, en est la preuve. T.R.

Comment êtes-vous venu à la spiritualité ?

Je suis tombé dans la spiritualité vers l'âge de six ans en découvrant la civilisation de l'Égypte ancienne. J'étais un enfant très sensible, je souffrais dans mon corps et j'avais peur des autres. Ma passion pour l'Égypte a été une sorte de refuge. De plus, elle m'a permis d'apprivoiser la mort. Car, à l'époque, ma mère a subi une intervention chirurgicale assez conséquente. Récemment, j'ai retrouvé des dessins où j'avais représenté ma famille en pleurs autour d'un cercueil dans lequel reposait ma mère. Je réalise à quel point j'ai eu peur de la perdre. Ce n'est sans doute pas par hasard si, au moment où elle m'a présenté le chirurgien qui l'avait opérée, j'ai décidé qu'un jour j'exercerais ce métier. Mon enfance a été nourrie par le désir de pratiquer la chirurgie, en même temps qu'elle était motivée par l'envie de devenir égyptologue. Arpag Mekhitarian, dont je parle dans mes Confi dences, m'a permis de suivre une série de cours d'égyptologie, tout au long de mon enfance. À dix-huit ans, habité par des intentions altruistes, j'ai opté pour la chirurgie mais je reste profondément relié à l'Egypte. C'est d'ailleurs sur les bords du Nil que j'ai écrit ce livre.

Visualiser l'article complet

 

La méditation : une médecine d'avant-garde?

En direct de Washington…

LA MEDITATION : UNE MEDECINE D’AVANT-GARDE ?

Du 8 au 10 novembre 2005, plusieurs scientifiques de renommée internationale rencontraient le dalaï-lama et d’autres personnalités du monde spirituel pour débattre des bases scientifiques et des applications cliniques de la méditation. Organisées par le Mind and Life Institute, ces trois journées se déroulaient à Washington, juste avant l’ouverture du Congrès annuel de la Society for Neuroscience où le dalaï-lama était invité à prendre la parole.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Logique névrotique

psycho bel 2012 maiArticle de Psychologie Magazine - Septembre 2012

Septembre. Que de souvenirs associés à ce mois de rentrée des classes. La cour de récréation, mes camarades, nos jeux, nos joies, nos disputes aussi, nos pleurs et le sentiment de désespoir qui les accompagnait. Le monde de l'enfance est un monde cruel et sans pitié où les rapports interpersonnels sont vécus au premier degré, noyés dans l'émotion sans être passés à travers le filtre de la raison. Un monde de vérité où il n'est pas permis de tricher. Je me rappelle de Thibault que nous appelions « le marsien ». Il passait son temps seul, à l'écart, persuadé que les autres écoliers ne l'appréciaient pas et n'accepteraient jamais de l'inclure dans leurs jeux. C'était pourtant un garçon formidable, doté d'une imagination débordante, extrêmement sensible. Probablement trop sensible. À force d'avoir peur d'être rejeté par les autres, il s'excluait lui-même et finissait par provoquer le rejet qu'il redoutait. Convaincu qu'il n'y avait pas de place pour lui, il ne prenait pas sa place et laissait les autres occuper le terrain ce qui, au bout du compte, lui permettait d'affirmer qu'il avait raison de penser qu'il n'y aurait jamais de place de pour lui. Je me souviens de Yves, « le geignard », qui se plaignait à longueur de journée. Nous l'appelions aussi « pot de colle » tant il était fusionnel et exclusif dans ses relations avec nous. Je réalise aujourd'hui qu'en fait ce garçon avait peur d'être abandonné.

 

Visualiser l'article complet

Rire fait rire

05 12 03 LLEH Rire fait rire

Article de la LLEH du 03/12/2005

La Tanzanie s’appelait encore Tanganyika, lorsqu’en 1962, une étrange épidémie se déclara au sein d’un collège religieux pour jeunes filles. En quelques semaines, comme un feu se répand dans la brousse, des dizaines d’élèves furent prises d’accès de rire et d’agitation qui duraient quelques minutes ou plusieurs heures, se répétaient au cours de la journée, et persistaient parfois jusqu’à deux semaines d’affilée. Très vite, les portes de l’institution durent fermer et les jeunes filles furent renvoyées chez elles, propageant l’épidémie au sein de leur famille, de leur village et d’autres écoles de la région. Durant deux années et demi, 14 écoles furent contaminées par la vague des fous rire et seule la mise en quarantaine des villages infectés permit de mettre un terme à ce fléau comique. Aucune cause toxique ou physiologique n’a pu être mise en évidence. On en conclut que l’épidémie était d’origine psychologique, déclenchée par un phénomène de synchronisme social auquel l’être humain – animal social s’il en est – semble particulièrement sensible. « Riez et tout le monde rira avec vous », écrivait Ella Wheeler Wilcox. Comme les bâillements, les pleurs ou la toux, le rire se propage au sein des groupes humains dans une succession de réactions en chaîne, immédiates et incontrôlables.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

L’animal en nous

psycho bel 2012 maiArticle de Psychologie Magazine - Juillet 2012

Shin Dong-hyuk est né en 1982 dans le Camp 14, le plus pénible des camps de travail de la Corée du Nord. Son père et sa mère ont été condamnés à être emprisonnés à vie à cause de leur parenté avec des « ennemis du régime ». Ils ont acquis le droit de s'unir en dépassant leur quota de production, en espionnant leurs co-détenus et en dénonçant toutes infractions aux règles du camp. Ils n'ont pas pu choisir leur conjoint et, à l'occasion de leurs « noces », ils n'ont été autorisés à dormir ensemble que cinq nuits consécutives. Shin n'a jamais rien connu d'autre que les punitions corporelles et les privations physiques. Il vit avec sa mère et son frère, en compétition permanente pour obtenir un peu de nourriture. Sa mère lui vole sa ration, il vole sa mère. Et lorsqu'il a trop faim, il fouille les excréments des vaches pour y récupérer quelques grains de maïs. Les jours de chance, il capture quelques insectes ou un rat qu'il mange cru. Il ne voit pratiquement jamais son père, détenu dans un autre endroit du camp. Sa mère le bat. Comme des centaines d'autres enfants, Shin est un produit du Camp 14, le cobaye d'une expérimentation de déshumanisation. À l'âge de 14 ans, afin d'échapper aux représailles de ses gardiens, il dénonce un plan d'évasion élaboré en secret par son frère et sa mère.

 

Visualiser l'article complet

Je suis timide mais...

05 11 05 LLEH Je suis timide maisArticle de la LLEH du 05/11/2005

Manque de confiance en soi, peur de décevoir, sentiment d’être inintéressant, conviction de paraître ridicule. « S’il faut agir, je ne sais que faire; s’il faut parler, je ne sais que dire; si on me regarde, je suis décontenancé », écrivait Jean-Jacques Rousseau dans ses Confessions. « La timidité a été le fléau de toute ma vie », avouait Montesquieu dans Mes Pensées. Car la vie du timide est faite d’occasions manquées, d’isolement et de frustrations. La tentation d’éviter les situations embarrassantes est grande. Et la peur de rougir, une obsession. Ereutophobie, dit-on en langage savant. Le drame du timide est alors de voir ses prophéties se réaliser. Et pour cause : à force de redouter de trembler ou de rougir, il finit par provoquer les réactions du corps qui trahissent sa crainte et son malaise. Car le corps ne triche pas. La timidité est toujours l’occasion d’un stress intense : l’adrénaline coule à flot dans les artères, les battements du cœur s’accélèrent, les muscles se tendent, l’estomac se contracte, des gouttes de sueur perlent sur le front, les mains sont moites, les joues chauffent. L’organisme tout entier est en alerte. L’inconfort est maximal. Il y a une dizaine d’année, une enquête révélait que 60% des Français se considéraient timides. Parfois, le trouble tourne à la véritable phobie : terrorisé, l’individu annule ses rendez-vous, il ne répond pas au téléphone, il ne correspond que par e-mail et, s’il doit quand même affronter le regard de l’autre, il se donne du courage en consommant de l’alcool. Cette anxiété sociale toucherait 2 à 10% de la population.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

De retour de Dharamsala

psycho bel 2012 maiArticle de Psychologie Magazine - Juin 2012

Il y a quelques semaines, je me suis rendu à Dharamsala, afin d'y visiter une série de projets humanitaires financés par Graines d'Avenir1 – une association sans but lucratif créée par mon amie Véronique Jannot et récemment fusionnée avec l'association Nyanjay Compassion dont je suis le parrain depuis plusieurs années. Dharamsala est le siège du gouvernement tibétain en exil et la résidence officielle du 14ème dalaï lama. Depuis plus de cinquante ans, des dizaines de milliers de Tibétains y ont trouvé refuge avant de s'installer en Inde, au Népal ou dans les pays occidentaux. Environ vingt mille exilés y séjournent dans des conditions très précaires. Des logements exigus, non chauffés et sans confort, des hivers froids, une courte saison ensoleillée et trois mois de mousson très arrosés ; un manque cruel de débouchés professionnels. Déracinés, isolés et sans famille, de nombreux réfugiés survivent tant bien que mal grâce à l'aide humanitaire. Plus de deux mille enfants vivent dans les TCV (Tibetan Children's Villages)2 créés par Jetsun Pema, la soeur cadette du dalaï lama. Ils sont orphelins ou séparés de leurs parents qui les ont envoyés en Inde afin de leur épargner les brimades et les tortures des autorités chinoises.

 

Visualiser l'article complet

Les promesses de l'optimisme

05 10 01 LLEH Les promesses de l optimisme

Article de la LLEH du 01/10/2005

Martin Seligman est né pessismiste. C’est probablement la raison pour laquelle il passe sa vie à défendre les vertus de l’optimisme. Professeur de psychologie à l’Université de Pennsylvanie, cet homme au faciès arrondi de bonne humeur est devenu le chef de file d’un nouveau courant de la psychologie : la Psychologie Positive. Car, pour lui, « être psychologue représente bien davantage que soigner des maladies mentales. C’est aussi, et peut-être avant tout, aider les gens à sortir le meilleur d’eux-mêmes. » Longtemps, la psychologie ne s’est intéressée qu’aux émotions négatives. On savait que des sentiments comme la peur ou la colère permettent de déclencher les réflexes nécessaires à la survie. Le rôle des émotions positives était moins clair. À l’Université Cornell aux États-Unis, la psychologue Alice Eisen a demandé à des personnes de compléter des suites de mots par un mot en accord avec les précédents. Par exemple : nuit, marché et humour pouvaient être complétés par le mot noir. Invariablement, les personnes réussissaient le test avec plus de facilité si elles étaient de bonne humeur et capables d’optimisme. Une série d’autres tests confirment ces résultats : un état d’esprit positif améliore les capacités cognitives et stimule la créativité. Ainsi, les personnes d’humeur chagrine se concentrent sur des détails, alors que les gens joyeux tiennent compte de l’ensemble de l’information et sont prêts à remettre leurs croyances en question. Pour Barbara Fredrickson, directrice du laboratoire de recherche sur les émotions positives à l’Université du Michigan, le fait de pouvoir éprouver des sentiments positifs représente un avantage évolutif considérable. La démonstration est évidente : en augmentant les capacités d’imagination, une attitude optimiste permet d’inventer de nouvelles solutions, et, donc, aide à mieux résister face aux évènements traumatisants de l’existence. De plus, le fait de cultiver des émotions positives permet de se sentir mieux dans sa peau et, par conséquent, renforce les liens sociaux indispensables à la survie de l’individu.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Plaidoyer pour l’altruisme

psycho bel 2012 maiArticle de Psychologie Magazine - Mai 2012

Sept milliards d'êtres humains sur une petite planète dont les ressources naturelles s'épuisent à grande vitesse, confrontés à un réchauffement climatique qui risque de modifier les priorités. Occupation des terres arables, exploitation des réserves énergétiques, partage de la nourriture, accès à l'eau potable. L'un des enjeux majeurs du XXIème siècle est sans nul doute la cohabitation pacifique entre les peuples et, au sein des peuples, la coopération entre les citoyens. Je pense donc qu'il n'y a pas de sujet plus urgent à débattre que celui de l'entraide et de l'altruisme. Pour beaucoup de gens, le véritable altruisme n'existe pas . Que faut-il penser alors de ces expérimentations où des singes se privent de nourriture afin d'éviter qu'une décharge éléctrique soit infligée à leurs congénères ? Existe-t-il chez certains animaux la potentialité d'une générosité gratuite envers autrui dans le seul souci de son bien-être ? De nombreux exemples observés dans la nature tendent à le prouver : des mâles primates forment un pont avec leurs corps au péril de leur vie afin de permettre à une mère et à son petit de passer d'un arbre à l'autre, des éléphants s'occupent d'une vieille femelle aveugle, des dauphins soutiennent leur compagnon blessé pour le faire respirer à la surface.

Visualiser l'article complet

Le paradoxe de l'épicurien

05 09 03 LLEH Le paradoxe de l epicurienArticle de la LLEH du 03/09/2005

Une vaste enquête menée par le psychologue américain Mihaly Csikszentmihalyi, auprès d’une centaine d’hommes et de femmes, interrogés à différents moments de la journée durant une semaine, révèle que la plupart des gens éprouvent davantage d’expériences positives au travail que pendant les périodes de loisirs. On se serait attendu au contraire. Et pourtant : au travail, les sujets interrogés se déclarent stimulés par des défis, heureux, créatifs et joyeux; en revanche, durant leur temps libre, ils se sentent passifs, ils utilisent peu leurs capacités et ils sont insatisfaits. Plus étonnant encore : en dépit d’une plus grande satisfaction procurée par le travail que par les loisirs, la majorité des personnes de l’étude souhaitaient travailler moins et avoir plus de temps libre ! Comment expliquer ce paradoxe ? Sans doute par l’influence d’un stéréotype profondément ancré dans la conscience collective : le travail est une activité non désirable, à éviter. À part pour quelques « originaux » qui font du travail leur loisir préféré. Linus Pauling, par exemple, prix Nobel de chimie et de la paix, déclarait : « je peux tout aussi bien dire que j’ai travaillé sans arrêt toute ma vie ou que je n’ai jamais travaillé. » Autre explication à cette étrange attitude de rejet du travail par des gens satisfaits de travailler : la nécessité de récupérer. En effet, il n’est pas possible de maintenir une activité intense et une forte concentration sans s’arrêter

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Attention à la pathologisation !

psycho bel 2012 avrilArticle de Psychologie Magazine - Avril 2012

Il y a quelques semaines, j'ai rencontré une jeune femme atteinte d'un cancer du sein avec des métastases aux poumons. Dès l'annonce du diagnostic, huit ans auparavant, cette patiente avait manifesté un optimisme à toute épreuve. À chaque mauvaise nouvelle, elle avait réagi en trouvant une raison de continuer à se battre. Son oncologue ne comprenait pas comment elle pouvait être encore en vie et, surtout, il s'étonnait qu'elle conserve un si bon moral. Persuadé qu'elle allait bientôt perdre courage, il lui avait recommandé de consulter un psychiatre. Le verdict de ce médecin avait été sans appel : pour lui, la patiente était dans le déni de sa maladie, elle refusait de voir la vérité en face, son attitude masquait une dépression. Il lui prescrivit donc un antidépresseur. La jeune femme eut beau protester en affirmant qu'elle était très lucide quant à son état de santé, le psychiatre ne voulut rien entendre. « Je refuse que l'on m'empêche d'avoir une raison de vivre, lui répondit la patiente. Pour l'instant, je souhaite trouver le moyen de prolonger mon existence afin de profiter le plus longtemps possible de ma famille et de mes amis. Comment peut-on dire qu'il s'agit d'une attitude dépressive ?

Visualiser l'article complet

Sculpter notre cerveau

05 06 06 LLEH Sculpter notre cerveau

Article de la LLEH du 06/06/2005

Dix fois, cent fois, mille fois, Jean répète son geste. Infatigable, en bon golfeur, il sait qu’il n’y a pas d’autres moyens pour améliorer la performance. Il faut que son geste devienne automatique, fluide et précis à la fois. La victoire est à ce prix. Une heure, dix heures, cent heures, Isabelle joue et rejoue un concerto pour piano. Persévérante, cette musicienne ne rechigne devant aucun effort. Ses doigts doivent toucher l’ivoire à la vitesse de l’éclair, dans un enchaînement d’accords qui raviront l’oreille des mélomanes avertis. Nous le savons tous : apprendre nécessite un entraînement. Ce que nous ignorons peut-être c’est que celui-ci provoque de profondes modifications dans notre cerveau. Le cerveau : cent milliards de neurones, dix mille connexions par neurones, un million de milliards de connexions. Un immense réseau parcouru d’influx électriques à la vitesse vertigineuse de 300 kilomètres/heure. On le croyait figé, incapable de régénération ou de réorganisation. Depuis quelques années, on sait qu’il n’en est rien. Au contraire, cet amas de neurones est le siège de remaniements constants. Certaines connexions, peu utilisées, tendent à disparaître alors que d’autres, plus sollicitées, se renforcent. Des circuits neuronaux sont activés ou désactivés en fonction des nécessités. Il existe donc une véritable plasticité neuronale. Celle-ci est à la base des mécanismes du conditionnement, de la mémoire et de l’apprentissage. Elle sous-tend nos capacités d’adaptation.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Tenir un journal

psycho bel 2012 marsArticle de Psychologie Magazine - Mars 2012

Lorsque j'ai commencé à parcourir le chemin qui mène à une meilleure connaissance de soi, spontanément je me suis mis à écrire de manière quotidienne dans un cahier. J'y consignais mes impressions, mes émotions et les pensées qui les accompagnaient. Parfois cela se résumait à une phrase, un mot, un dessin ou une couleur posée sur la papier. L'important était pour moi de parvenir à exprimer ce qui se passait à l'intérieur de moi, de pouvoir contempler celui que j'étais, de prendre le recul nécessaire pour comprendre la complexité qui me constituait. Jour après jour, je créais dans mon journal un espace intime dans lequel je découvrais mes peurs et mes croyances, mes conditionnements et mes défenses, mes contradictions et mes aveuglements. L'écriture fut un formidable moyen de me réveiller. Quinze ans plus tard, elle reste une bonne façon de ne pas me rendormir. À condition de la pratiquer de manière régulière, sans complaisance, avec une sorte d' « intransigeance bienveillante » faite d'objectivité et de compassion. Il s'agit d'oser s'avouer ce que l'on pense profondément, sans jugement, en acceptant celui que nous sommes inconditionnellement.

Visualiser l'article complet

Respirez !

05 05 07 LLEH Respirez

Article de la LLEH du 07/05/2005

Quelle est votre définition du stress ? Le concept du stress a été introduit en médecine par un endocrinologue, Hans Seyle. Son travail remonte au premier tiers du 20e siècle. Le mot est un anglicisme, mais on y retrouve la racine du verbe latin stringere, « resserrer ». Le stress se manifeste chaque fois qu’une situation nous dépasse. On a le sentiment d’être à l’étroit, incapable de trouver une réponse appropriée, comme enfermé dans une impasse. Le resserrement est psychologique, mais aussi physique. Les muscles sont tendus, le corps est en alerte, nos systèmes de défense sont mobilisés.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Eloge de l’ennui

psycho bel 2012 fevrierArticle de Psychologie Magazine - Février 2012

La semaine dernière, lors d'une consultation, une maman épuisée me confiait son « ras-lebol ». Elle n'en pouvait plus de passer son temps à « jouer les chauffeurs » pour conduire ses trois enfants à toute une série d'activités, le soir après les cours ou le mercredi après-midi lorsqu'il n'y a pas école. Judo, leçons de piano et atelier de peinture pour son fils aîné. Cours de danse, natation, initiation à la broderie et tennis pour sa fille. Hockey, violon et théâtre pour son fils cadet. Sans compter les rendez-vous chez le dentiste, les achats de matériel scolaire et, de temps en temps, une séance au cinéma. « Au moins, ils n'ont pas le temps de s'ennuyer », me dit-elle avec fierté. Sans doute, mais est-ce réellement une bonne chose ? Faut-il éviter l'ennui à tout prix ? De plus en plus de voix s'élèvent parmi les psychologues et les pédagogues pour s'insurger contre les « emplois du temps de ministres » que l'on impose aux enfants. Trop occupés à « faire », nos bambins n'ont plus l'occasion d'apprendre à « être ».

Visualiser l'article complet

L'argent, miroir de nos peurs

05 04 02 LLEH L argent  miroir de nos peurs

Article de la LLEH du 02/04/2005

« Connais-toi toi-même, tu connaîtras les autres, les dieux et l’univers. » Serions-nous donc tous les mêmes ? Derrière leurs caractéristiques particulières, nos personnalités partageraient-elles des points communs à tous les humains ? C’est en tous les cas ce que de nombreux psychiatres, psychologues et psychothérapeutes découvrent au contact de ceux qui les consultent. Comme si les expériences de la vie, en apparence uniques et exceptionnelles, cachaient des traumatismes très semblables. Ainsi, les expériences difficiles de notre vie forment le creuset de notre personnalité. Nos stratégies de survie construisent notre individualité.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

N’oublions pas l’altruisme

Inexplore 0013_page106Entretien paru dans le magazine Inexploré de janvier-mars 2012

Sept milliards d'êtres humains sur une petite planète dont les ressources naturelles s'épuisent à grande vitesse, confrontés à un réchauffement climatique qui risque de modifier les priorités. On le pressent, l'un des enjeux majeurs du XXI ème siècle est celui de la cohabitation pacifique entre les peuples et, au sein des peuples, entre les citoyens. Il n'y a donc pas de sujet plus urgent à débattre que celui de l'altruisme. Cependant, ne nous leurrons pas, un tel débat est périlleux car, pour beaucoup de gens, l'altruisme n'existe pas  ; il ne serait qu'un égoïsme habillé de bons sentiments, une idéologie hypocrite permettant d'échapper à la honte et à la culpabilité provoquée par l'égoïsme, une tentative narcissique d'éviter une éventuelle punition ou d'obtenir une gratification.

 

Visualiser l'article complet

La santé sous influence

05 03 05 LLEH La sante sous influence

Article de la LLEH du 05/03/2005

On estime que 60 à 70% des patients répondent par un effet placebo à différents traitements. Certains pensent même que tout acte thérapeutique comporte un effet qui ne dépend pas spécifiquement du traitement mais plutôt de facteurs inhérents à la relation entre le thérapeute et le malade. Cependant ce qui marche dans un contexte culturel donné ne marchera pas forcément dans un autre. Les formules magiques des sorciers africains produiront peu d’effet sur un patient hospitalisé à New York ou à Bruxelles. Par contre, dans l’environnement thérapeutique occidental, le nombre de pilules prescrites, la taille des comprimés et leur couleur influence l’effet obtenu. Ainsi, la prise de deux comprimés d’un placebo est plus efficace que l’ingestion d’un seul. Les gélules et les capsules sont perçues comme plus bénéfiques que les comprimés. Les comprimés blancs, bleus et verts apaisent. Les jaunes, les rouges
et les oranges stimulent.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Combat stérile

psycho bel_2012_janvierArticle de Psychologie Magazine - Janvier 2012

Parmi les nombreux courriels que je reçois sur mon site web, un certain nombre me sont envoyés par des psychanalystes qui m'accusent de faire la promotion des psychothérapies cognitivo-comportementales. Selon eux, ces « thérapies » ne sont, en fait, que des « gadgets » et des « recettes » destinées à faire fonctionner les gens en dépit de leur mal-être. La seule motivation des thérapeutes qui les proposent serait de créer du bonheur à tout prix, sans respecter la liberté des individus. Un jour, une psychanalyste particulièrement courroucée m'a reproché de faire l'apologie de la méditation, n'y voyant qu'un moyen de calmer l'angoisse sans permettre de guérir la souffrance en profondeur. Chaque fois que je reçois ce genre de courrier, je m'étonne car mon travail de thérapeute, d'auteur et de conférencier n'est pas de promouvoir une quelconque approche thérapeutique au détriment d'une autre. Au contraire, j'essaie toujours de comprendre les avantages et les limites de chaque proposition de traitement ou d'accompagnement afin d'établir des ponts entre les différentes alternatives.

 

Visualiser l'article complet

L'instinct du risque

04 06 05 LLEH L instinct du risque

Article de la LLEH du 05/06/2004

Qui peut savoir avec certitude ce qui va se passer dans quelques minutes ? Depuis l’instant où nous nous réveillons le matin jusqu’au moment où nous nous couchons le soir, vivre comporte toujours une part d’incertitude. Et la nuit, lorsque nous dormons, qui peut savoir si le plafond de la chambre à coucher ne lui tombera pas sur la tête ? Vivre n’est donc jamais dénué de risque. Cette évidence pourrait nous faire frémir. Pourtant, souvent, nous provoquons des situations où le danger semble sciemment recherché. C’est alors que nous prenons des décisions sans en mesurer les conséquences. Nous fumons notre cigarette, nous traversons la rue sans regarder, nous roulons trop vite ou nous brûlons le feu orange. Comme si, à l’instar des petits enfants qui s’amusent à inventer des méchants loups, nous avions besoin de créer du risque afin de pouvoir l’assouvir d’une manière calculée et contrôlée.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Souvenir de Chine

psycho bel_2011_decembreArticle de Psychologie Magazine - Décembre 2011

Décembre est l'occasion pour moi de me remémorer les bonnes choses vécues aux cours des onze mois qui ont précédé. Des rencontres amicales, des fêtes en famille, quelques bons films, des livres passionnants, de belles journées ensoleillées, une nuit de pleine lune, la caresse du vent lors d'une promenade en montagne, d'heureux hasards, de jolies surprises, des petits voyages, de plus grands déplacements. Lorsque j'y pense, j'éprouve une grande gratitude pour ces cadeaux de la vie. La liste est longue et constituée d'événements trop intimes pour en faire, ici, l'inventaire détaillé. Cependant, j'aimerais vous raconter un de ces événements survenu au cours d'un voyage en Chine, au printemps, à Beijing. C'était le 25 avril, jour de mon anniversaire.

 

Visualiser l'article complet

Nourrir le corps et l'esprit

04 05 08 LLEH Nourrir le corps et l esprit

Article de la LLEH du 08/05/2004

L’Ayurveda est née en Inde il y a plus de cinq mille ans. Cette « Science de la Vie » constitue un ensemble de pratiques destinées à guérir l’individu dans sa globalité. Chaque être humain est considéré comme la combinaison unique de VATA, PI T TA et KA P H A, les trois énergies fondamentales (D O S H A S) qui animent le vivant. Selon la dominance de l’une des trois d’énergies, les individus présentent des caractéristiques morphologiques, physiologiques et psychologiques particulières. Kapha domine durant l’enfance, Pitta entre 20 et 50 ans, Vata après 60 ans. Un déséquilibre entre les trois énergies prédispose à des pathologies spécifiques.

L’alimentation favorise l’harmonie entre les trois doshas. Chaque saison étant dominée par l’une des trois énergies (Kapha au printemps, Pitta en été, Vata à l’automne et en hiver), il s’agira d’adapter son régime aux périodes de l’année.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Le défi positif. Interview de Thierry Janssen au sujet de son nouveau livre

interview sante_integrative_24_2011

Article du magazine Santé Intégrative - Décembre 2011

Après nous avoir raconté sa récente retraite en Egypte, l’auteur nous explique pourquoi il a appelé son livre Le défi positif, puis, il nous éclaire sur les les trois conceptions du bonheur. 

Alain Gourhant : Vous sortez d'une période de silence de plus de deux ans, que vous appelez une retraite. Que signifie ce mot "retraite" et que s'est-il passé pour vous pendant ces deux ans ?  

Thierry Janssen : En 2009, je me suis retrouvé dans une situation périlleuse, au sens où je suis tombé malade. Je me suis senti responsable de cette situation, car suite à la parution du livre La maladie a-t-elle un sens ?, j'ai répondu à de très nombreuses sollicitations. J'ai donné plus de 200 conférences dans 7 pays différents. J'étais épuisé. Or, plus j'avance, plus j'ai besoin de préserver un espace à l'intérieur de moi, un lieu de paix et de silence. Lorsque je n'y arrive pas, j'éprouve de l'agacement, je deviens irritable. En 2009, je ne vivais plus qu'à l'extérieur de moi, je suis tombé malade. Cela a commencé par une grippe que j'ai mal soignée puis, au mois de mars, l'infection virale s'est compliquée d'une paralysie faciale droite. J'ai tout d'abord cru à un accident vasculaire cérébral, j'ai eu très peur. Alors que j'étais hospitalisé à la Salpêtrière à Paris, sous hautes doses de cortisone, j'étais très fâché contre moi-même car j'avais fait exactement le contraire de ce que je recommande aux autres de faire. Je m'étais considéré au-dessus des lois du bon sens qui demandent de respecter les besoins essentiels. Il était temps que je consacre à nouveau du temps à mon travail intérieur. Il fallait que j'arrête de répondre à toutes les demandes de consultations, de conférences ou d'apparitions dans les médias. C'était mon "petit ego" qui m'avait entraîné dans cette spirale infernale. Or ce "petit ego" n'est qu'une réponse à la peur, la peur qu'on ne lise pas mes livres, la peur de ne pas obtenir suffisamment de reconnaissance, la peur de ne pas être aimé. Je pourrais bien entendu aussi dire que j'avais le souci de propager un message humaniste car rien n'est tout blanc ou tout noir. Néanmoins, au-delà de cette bonne intention, il y avait les peurs absurdes de cet ego tyrannique, capable de me mettre en danger. Lorsque je m'éloigne de mes besoins essentiels, j'ai l'habitude de me demander ce que j'aimerais faire, s'il me restait peu de temps à vivre.

Visualiser l'article complet (pdf)

Changer c'est vivre

04 04 10 LLEH Changer c est vivreArticle de la LLEH du 10/04/2004

« Il était une fois un pianiste qui vendit son Steinway de concert et se mit à voyager à travers le monde avant d’ouvrir une galerie d’art contemporain. Après avoir sacrifié sa jeunesse à entraîner ses doigts sur le clavier, chaque soir, de ville en ville, il ravissait les oreilles et les cœurs de son public. Puis, un soir, alors qu’il était au sommet de son art, son désir de jouer le quitta. Grippes à répétitions, crampes et malaises divers trahirent une tension qu’il feignit d’ignorer. Jusqu’au jour où un accident de voiture le contraint à plusieurs mois d’immobilité. Il ressentit alors comme un soulagement. Une permission de s’écouter. Le conflit interne qui l’habitait n’était sans doute pas étranger à la survenue de son accident. De manière surprenante, il n’avait pas ressenti la moindre joie lorsque le chirurgien lui avait annoncé que ses mains avaient été épargnées. Il fallait bien qu’il se l’avoue : il souhaitait en finir avec la trahison de lui-même, il voulait voyager, connaître la liberté et laisser s’exprimer son être le plus profond. Remis de ses blessures, il se mit à parcourir le monde pour, un jour, s’installer, à Sienne, en Italie. Après des années de voyage au cœur de lui-même, il avait compris que, si l’art était indispensable à sa vie, il ne voulait pas « faire l’artiste ». Il souhaitait « être un artiste » et réaliser ce qu’il y a de plus noble et de plus douloureux pour un créateur : détruire les solutions trouvées pour en découvrir d’autres plus exigeantes. Le pianiste était devenu l’auteur de la plus magistrale des œuvres d’art : sa propre vie. »

 

Visualisez l'article complet (pdf)

Etre des amis

 

psycho bel_2011_novembreArticle de Psychologie Magazine - Novembre 2011

Il est une croyance extrêmement répandue selon laquelle nous sommes condamnés à nous battre et à nous livrer une véritable compétition les uns contre les autres. Cette théorie du struggle for life est née de l'interprétation des travaux de Charles Darwin par le sociologue anglais Herbert Spencer. Darwin s'insurgea contre cette « application brutale du principe de la sélection naturelle au sein des sociétés humaines ». Car l'idée que la vie ne peut se perpétuer qu'à travers un combat ne tient pas la route. Pour s'en convaincre, il suffit d'observer les exemples de coopération chez les abeilles, les termites ou les fourmis. Ou de se rappeler que nos lointains ancêtres des temps préhistoriques étaient bien trop peu nombreux pour se permettre le luxe de s'entretuer ; il leur fallait plutôt s'entraider et collaborer pour survivre. Pourtant les théories du « darwinisme social » de Spencer ont fini par imprégner l'ensemble de la civilisation occidentale, au point d'influencer les meilleurs scientifiques. Ainsi par exemple, dans les années 1930, le physiologiste américain Walter Cannon a affirmé que, face aux situations stressantes, nous n'avons pas d'autre choix que celui de nous battre ou de prendre la fuite. Lorsque l'on m'enseigna cette théorie de la réponse fight or flight, sur les bancs de la faculté de médecine, au début des années 1980, je fus sceptique.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

 

Corps et âme

04 03 06 LLEH Corps et ame

Article de la LLEH du 06/03/2004

C’est Wilhelm Reich qui le premier proposa de considérer le corps comme le résultat de notre évolution psychologique. Dans les années 40, son analyse des caractères corrélée avec ses observations des principaux types morphologiques crée une théorie originale. Élève de Reich, le médecin et psychanalyste américain Alexander Lowen compléta ses travaux et proposa une théorie psychosomatique basée sur les interactions entre l’énergie psychique et le corps. L’Analyse Bioénergétique de Lowen décrit cinq profils physiques en rapport avec cinq tendances psychologiques. Tout semble se passer comme si les expériences de notre vécu influençaient le développement neuro-musculaire de notre organisme. Ainsi, les émotions de notre passé sont inscrites dans les tensions de notre corps. Contractions, déviations, retraits et poussées influencent les lignes de notre anatomie et les contours de notre silhouette. Nos peurs et nos croyances se transmettant de génération en génération, nous héritons des traits de caractères et des particularités morphologiques de nos ancêtres. L’évolution de nos mentalités, les changements de notre perception du monde et de nous-mêmes conditionneraient donc des mutations morphologiques importantes et parfois rapides. C’est ce que les professionnels de l’industrie vestimentaire observent aujourd’hui : en une ou deux générations, non seulement
la taille moyenne mais aussi les proportions des hanches et des torses se sont considérablement modifiées.

 

Visualisez l'article complet (pdf)

Le choix des mots

 

psycho bel_2011_octobreArticle de Psychologie Magazine - Octobre 2011

Lorsque j'ai commencé à m'intéresser au rôle des affects dans la santé, j'ai été étonné par le choix des adjectifs utilisés pour qualifier nos émotions. En effet, les mots « positif » et « négatif » me paraissaient un peu trop subjectifs pour décrire les phénomènes émotionnels d'une manière objective. Un ami psychologue m'affirma que ces adjectifs décrivaient les conséquences, heureuses ou malheureuses, des différentes émotions. Cette explication ne me convainquit pas. Car les émotions dites positives n'ont pas toujours des effets positifs. Par exemple, des personnes trop enthousiastes peuvent se leurrer et prendre des risques inconsidérés qui mettent leur vie en danger, ou bien certains malades trop confiants minimisent leurs symptômes et ne se soignent pas comme il faudrait. De la même manière, les émotions dites négatives n'ont pas forcément des effets négatifs. Ainsi, la peur provoquée par des événements menaçants permet d'éviter certains dangers, tandis que la colère exprimée de façon non agressive peut se révéler être une formidable force de créativité.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

La colère, rage de vie

03 11 29 LLEH La colere rage de vivre.jpgArticle de la LLEH du 29/11/2003

Les émotions, un atout Pourtant, au début des années 70, l’émergence de nouveaux paradigmes dément les théories rationalistes et déterministes. Les émotions se retrouvent alors au centre du concept d’une nature humaine informationnelle. Annoncée par Edgar Morin dans LE PARADIGME PERDU : LA NATURE HUMAINE, l’importance de notre dimension émotionnelle sera rapidement confirmée par les découvertes de la neurobiologie. Ainsi pour Antonio Damasio le constat est clair : ce qui perturbe les mécanismes cognitifs, ce n’est pas l’émotion, mais bien l’impossibilité d’en éprouver. Daniel Goleman le souligne dans L’INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE : « Si la violence des sentiments peut s’avérer catastrophique pour le raisonnement, leur méconnaissance peut être tout aussi désastreuse ». Abandonnant leur statut d’handicap, les émotions deviennent donc un atout. Bien plus, elles constituent la substance de notre identité humaine, la nature de notre âme, le moteur de notre existence.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

« Les meilleurs remèdes : oser le plaisir et trouver du sens »

Article de Psychologie Magazine France - Octobre 2011

Psychologies : Pourquoi nous sentons-nous stressés de façon permanente ?

Thierry Janssen : Nous avons construit notre société sur un mode hédoniste et matérialiste qui nous fait confondre bonheur avec jouissance et confort. Du coup, nous faisons tout pour éviter l’inconfort. Nous produisons et nous consommons beaucoup pour nous protéger, nous divertir et nous apaiser. Cela nous oblige à vivre dans une tension continue. D’autant plus qu’il existe un phénomène que l’on appelle l’« adaptation hédonique », en vertu duquel nous ne sommes jamais suffisamment rassasiés. Le cercle est vicieux. Habitués au confort, nous supportons de moins en moins les contrariétés. Nous nous croyons tout-puissants et nous sommes prêts à tout pour l’être. Le prix que nous payons est ce stress chronique que nous éprouvons.


Visualiser l'article complet (pdf)

Pour les hommes aussi...

03 09 27 LLEH Pour les hommes aussi

Article de la LLEH du 27/09/2003

Lorsqu’en 1902, Sigmund Freud crée la Société de psychanalyse, on était loin d’imaginer que l’ouverture des portes de l’inconscient déclencherait une véritable révolution dans la pensée occidentale. Un siècle plus tard, le langage psychologique fait partie intégrante de notre jargon quotidien. Les psychologues, psychiatres, psychanalystes et autres psychothérapeutes ont envahi les hôpitaux, les écoles, et même les entreprises où coatching et bilans de compétence sont devenus des outils au service de la renntabilité. Conférences, ateliers, séminaires, émission de télévision, livres et magazines consacrés à la psyché humaine prolifèrent d’une manière impressionnante. Initiée en Europe, cette révolution a mûri aux États-Unis où de nombreux thérapeutes trouvèrent asile durant la Seconde Guerre mondiale. Si l’Europe est longtemps restée fidèle aux préceptes de la psychanalyse, aux États-Unis de nombreux chercheurs se sont affranchis de l’orthodoxie freudienne et ont développé des approches très diverses. Ainsi, dans les années 60, l’intérêt pour les philosophies orientales, la libération féminine et la revalorisation du corps ont influencé un foisonnement d’idées novatrices. Les bases d’un changement culturel et sociétal très profond étaient posées. Aujourd’hui, on recense plus de 400 écoles et méthodes psy différentes. Le monde dans lequel nous vivons est devenu un immense laboratoire où l’on tente de redéfinir l’être humain et sa civilisation.

 

Visualiser l'article complet (pdf)

Mon nouveau livre


Vidéo à la une

ARTE - Thema - Comment être acteur de son bien-être?