Aimer c'est aider l'autre à relâcher ses tensions

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Article de Psychologie Magazine - Janvier 2015

Camille a 17 ans. Depuis deux semaines, elle n’arrête pas de pleurer. Elle ne parvient plus à dormir. Elle est incapable d’étudier. À plusieurs reprises, elle s’est évanouie, faisant ce que l’on appelle une syncope vagale. Ses parents – des amis – ne savent pas comment réagir face à la détresse de leur fille. Ils précisent lui avoir dit qu’elle devait se détendre. « Sois zen, ma chérie ! » Je leur propose de rencontrer Camille. Un rendez-vous est pris dans un bar où la jeune fille a ses habitudes. « Plus mes parents me disent de me détendre, plus je suis angoissée car je n’y parviens pas », m’expliquet‑elle. De retour chez moi, j’appelle mes amis.

Ceux-ci m’affirment qu’ils n’ont aucunement l’intention de mettre la pression sur leur fille : « Nous l’avons toujours laissée faire ce qu’elle voulait ! » Ce que Camille veut, c’est être la meilleure, réussir brillamment son bac et passer le concours d’entrée d’une grande école. Elle est prête à tous les sacrifices pour parvenir à obtenir, un jour, un haut poste dans la fonction publique ou la finance.

En écoutant Camille me raconter son plan de vie, j’ai l’impression d’entendre parler ses parents. Cette façon de valoriser la performance intellectuelle. Cette conviction que le bonheur passe par la reconnaissance sociale. Cette fascination pour la réussite matérielle. Tout y est. Camille me paraît parfaitement endoctrinée. Pourtant, enfant, elle passait son temps à dessiner et à danser. J’imaginais alors qu’elle choisirait une voie artistique. « Je ne danse plus, je ne dessine plus. Je n’ai plus de temps pour cela », constate-t-elle.

 

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